Marché du bœuf : discordances sur les prix

Alors que certains bouchers ont augmenté de 200 F le kilogramme de viande pour cause de « pénurie », les vendeurs de bétail assurent que le marché est bien approvisionné.

Au marché Nsam à Yaoundé hier matin, le hangar qui abrite les comptoirs des bouchers, habituellement plein, est presque désert. Sur près de 80 revendeurs de viande, on en trouve qu’une vingtaine. D’après Mamouadou Gidado, chef des bouchers sur ce site marchand, beaucoup ne s’en sortent plus et ont déserté. La cause : la rareté et la cherté du bœuf. En effet, depuis quelques semaines dans ce marché réputé pour sa viande abordable, le prix du kilogramme sans os est passé de 2500 F à 3000 F et celui avec os et de 1800 F à 2500 F.  Même les clients ne sont pas très présents, certains préférant acheter autre chose que de la viande. Mamouadou Gidago explique également que le bœuf sur pied qui coûtait 250 000 F vaut désormais 350 000 F au marché de bétail à Etoudi. Conséquence : plus moyen de faire du bénéfice. « On vend à perte. J’avais quatre comptoirs dans ce marché, aujourd’hui, il  ne m’en reste plus qu’un seul », explique Adamou Yakan, un autre détaillant. Selon lui, un bœuf moyen donne environ 122 kg, et en le détaillant, on perd près de 20 000 F. 
Au marché de Mendong, le prix du kilogramme n’a pas changé : 3000 F pour la viande sans os et 2500 F avec os. Ici, les prix ont été revus à la hausse il y a belle lurette au grand dam des consommateurs qui s’y sont habitués. Pourtant ailleurs dans la plupart des marchés de la ville, le prix du kilogramme reste le même sans os à 2800 F et avec os à 2200 F. 
Au marché de bétail à Etoudi, les marchands sont plutôt sereins. Contrairement à ce qui se dit dans certains sites marchands, l’on constate ici que le bœuf sur pied est disponible. Près de 6000 têtes se trouvaient sur ce site hier de presque 10 hectares. Pendant que certains broutent, des camions provenant du Tchad via Kousseri et transportant en moyenne 30 bêtes ravitaillent ledit marché. Donc pas de pénurie comme l’explique Haman Mamadou, délégué du marché à bétail. D’après lui, la plupart des détaillants sont endettés et n’arrivent plus à prendre les bêtes à crédit, parce que sans moyens. Et l’on apprend ainsi qu’il y a des créanciers qui sont aux aguets. Ils prêtent par exemple un million de F pour deux bœufs de 500 000 F chacun aux bouchers, c’est le créancier qui abat et dépièce la bête, selon les termes du contrat, il récupère certaines parties qu’il revend et remet le reste au boucher. « Cette transaction a un impact sur le prix du kilogramme vendu au marché. Ce qui fait que le boucher n’arrive plus à rembourser la dette. S’il reprend une autre dette, il est asphyxié et ne peut plus être éligible aux prêts », explique Moustapha Adama, marchand de bétail sur le site.  
 

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