Place à l’action !

Mieux que les traditionnelles questions orales, les séances plénières spéciales qui viennent de se tenir ont permis aux députés d’interpeller de façon incisive les membres du gouvernement sur les nombreux problèmes qui préoccupent les populations au quotidien. A l’instar du difficile accès à la propriété foncière pour les Camerounais de l’intérieur et ceux de la diaspora, ainsi que le manque ou la fourniture irrégulière de l’eau et de l’électricité, deux ressources vitales pour l’amélioration des conditions de vie des populations et l’industrialisation de l’économie. Unanimement, le bien-fondé de ces plénières spéciales, la manière dont elles se sont déroulées ainsi que les thématiques choisies ont été appréciés. Maintenant que la session parlementaire de juin s’est achevée, il est question de donner une suite aux propositions de solutions présentées par le pouvoir exécutif. Cette responsabilité incombe à la fois à l’exécutif et au législatif.                                                                                                                                                       
Les chefs de départements ministériels concernés doivent accélérer la mise en œuvre des mutations là où elles ont été engagées. Il n’échappe à personne le fait que, pour ce qui est de la réforme foncière, peu de choses ont été réalisées sur le terrain pour traduire en actes concrets les instructions données par le chef de l’Etat lors du Comice agropastoral d’Ebolowa en 2011. L’enjeu est aujourd’hui d’achever sans délai l’élaboration d’un texte de loi unique fusionnant le régime foncier, le régime domanial et le régime des expropriations. Texte de loi unique devant être assorti des décrets d’application déclinant les différentes procédures applicables dans ces domaines respectifs. Dans cette perspective, la mouture de l’avant-projet de loi déjà élaborée, devra être rapidement revisitée pour prendre en compte l’avènement du Code général des collectivités territoriales décentralisées. En somme, le souhait est, en ce qui concerne le chantier de la réforme foncière qui a pris du retard, que les dossiers ne dorment pas dans les tiroirs. Les différents responsables en charge de l’élaboration des textes y relatifs doivent se hâter afin que, très prochainement, la question foncière soit, non plus un obstacle à l’épanouissement des populations et à l’essor de l’investissement productif, mais plutôt un catalyseur de ceux-ci.                                                                                                               
Dans le même esprit, les solutions indiquées en vue d’améliorer l’accès des Camerounais à l’eau potable et à l’électricité doivent être rapidement mises en œuvre. Les besoins sont pressants. Le taux de couverture de la région de l’Est en énergie électrique est faible. La partie septentrionale vit une crise énergétique aiguë. Dans les six autres régions du pays, les délestages rythment la vie, avec des équipements de transport et de distribution surchargés. Le déficit énergétique fait perdre au Cameroun chaque année au moins un demi-point de croissance. Il faut trouver 6 000 milliards de F afin d’appliquer les stratégies visant l’accès de tous les Camerounais à l’électricité à l’horizon 2035. Tout comme il faut mobiliser 874 milliards de F pour électrifier les 9 000 localités rurales du pays qui ne le sont pas encore.                                                                                                                                                     
Quant à l’eau potable, les chantiers en cours et ceux annoncés doivent être exécutés dans les délais impartis. Dans nos villes, l’offre d’eau potable est inférieure à la demande, avec un taux de couverture nationale d’environ 55% et un taux de desserte oscillant autour de 45%. En zones rurales, 43% de ménages n’ont pas d’autre choix que de s’abreuver aux sources d’eau non améliorées.                                                                                                                                             
Pendant que les ministres se mobilisent pour réaliser les solutions annoncées, les parlementaires devraient, de leur côté, rester en éveil dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale. L’espoir étant que la synergie entre les deux parties soit féconde. 
 

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