Bassin du Congo, Sahel : des plans d’investissement à l’étude

Des experts planchent sur la question, à l’occasion d’une réunion ouverte lundi à Douala par le ministre des Forêts et de la Faune.

Zoonoses, transhumance, sécurité et développement durable entre le Sahel et le Bassin du Congo, lutte anti-braconnage transfrontalière. Eléments au menu des travaux pour les nombreux experts présents depuis le 12 juillet dernier à Douala, à l’occasion d’une réunion portant sur l’élaboration des plans d’investissements pays relatifs aux domaines susmentionnés. Prévus jusqu’au 15 juillet, ces travaux sont organisés par la Facilitation de la République fédérale d’Allemagne pour le partenariat pour les forêts du Bassin du Congo, en collaboration avec la Comifac, le Cameroun et les leaders des partenaires des blocs géographiques.
Il s’agit notamment d’amener les Etats à faire face aux nouveaux enjeux en matière de criminalité faunique, de protection des aires protégées, entre autres. Selon des chiffres des Nations unies de 2014 rappelés à l’ouverture des travaux par Ibrahim Linjuom, secrétaire permanent de l’Organisation pour la conservation de la faune sauvage en Afrique, « plus de 20 mille éléphants sont tués chaque année » sur le continent. Ces pachydermes « pourraient même disparaître dans 20 ans » du fait du braconnage, fléau qui a par ailleurs entraîné « la quasi-disparition des rhinocéros au Cameroun, en Centrafrique et en République démocratique du Congo ». L’exploitation illégale des produits forestiers n’est pas en reste dans cette peste qui frappe au cœur de l’Afrique. Et la menace ne pèse pas que sur l’environnement, va rappeler Ibrahim Linjuom, mais aussi sur la paix et la sécurité des Etats. Surtout quand on sait que les revenus tirés de ces trafics, toujours selon les Nations unies, mais aussi l’Union africaine, la Ceeac et la Comifac, alimentent les conflits et servent au financement de milices et autres groupes terroristes.
En ouvrant les travaux, le ministère camerounais des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo, a rappelé que les Etats concernés avaient, depuis la Déclaration de N’Djamena adoptée en janvier 2019 au terme d’une conférence internationale sur la lutte contre le braconnage et d’autres activités criminelles transfrontalières, pris divers engagements. Dont l’urgence de façonner un cadre idoine de collaboration relatif à la transhumance transfrontalière au niveau régional. Cadre qui intègre les questions de sécurité, de gestion des aires protégées, et de dégradation constante des écosystèmes due au changement climatique. Cette déclaration souligne la nécessité de s’approprier la politique de gestion apaisée de la transhumance transfrontalière, en cohérence avec des actions conjointes pour soutenir les acteurs de la conservation de la biodiversité et du développement durable.
 

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