Le sacré et le sacrilège

Le départ en fin de semaine du couple présidentiel camerounais pour un court séjour privé en Europe donne lieu depuis quelques jours à une agitation particulière d’une partie de la diaspora camerounaise en Europe. Le fait n’est pas nouveau mais l’on assiste à un déferlement des discours violents et haineux et à un accès d’hostilité sans précédent envers les institutions et celui qui les incarne. A travers les réseaux sociaux, devenus le nouveau terrain des mobilisations et les canaux des discours subversifs, certains membres de la diaspora camerounaise projettent d’organiser ce week-end, des manifestations contre le séjour du président de la République actuellement en Europe dans le cadre d’une visite privée. Les organisateurs de cette campagne usent de messages écrits, audio et vidéos sur les plateformes numériques (Facebook et Whatsapp) pour rallier un plus grand nombre d’adhérents à leur cause.  La virulence et la violence des propos renseigne à suffisance sur les véritables intentions de cette meute cybernétique. Dans leur communiqué publié le 13 juillet 2021, ces « groupuscules extrémistes » exigent « la démission immédiate du chef de l’Etat » ou alors ils envisagent de « le renverser par d'autres moyens ». 
Il n’est pas superflu de rappeler que le président de la République est le garant et l’incarnation de nos institutions. Si les Camerounais ne sont pas obligés de l’aimer en tant que personne physique, ils ont le devoir de le respecter en tant qu’institution. Faut-il rappeler à nos compatriotes qui se déchainent contre leur président que leurs attitudes sont contraires aux us et coutumes politiques des pays qui les hébergent ? Pour ne prendre que ce seul exemple, le 8 juin dernier lorsque le président de la République française, Emmanuel Macron a été violemment agressé par un citoyen français, la classe politique française dans son entièreté, a mis entre parenthèses ses divergences politiques, pour condamner unanimement cet acte de violence sur « personne dépositaire de l’autorité publique ».
La loi fondamentale du Cameroun (article 2) a fait du peuple le dépositaire de la souveraineté nationale « qui l’exerce soit par l’intermédiaire du président de la République et des membres du Parlement, soit par voie de référendum ». Cette disposition précise qu’« aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice ».  Et « les autorités chargées de diriger l’Etat tiennent leurs pouvoirs du peuple par voie d’élections au suffrage universel direct ou indirect… ». Ainsi donc, les Camerounais, aussi bien de la diaspora que de l’intérieur qui participent régulièrement à l’expression de leur suffrage, ont confié depuis le 7 octobre 2018, par la voie des urnes, leur destin entre les mains de Paul Biya, président de la République, chef de l’Etat. Son mandat ne souffre d’aucun déficit de légitimité, ni de légalité. Cette institution mérite nos égards, notre déférence et notre loyauté. La sacralisation de la fonction présidentielle n’autorise aucun citoyen à poser des actes qui frisent l’irrévérence et la subversion envers celui ou celle qui l’exerce. Toute attitude contraire constitue un sacrilège.
 

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