Littérature : les enfants initiés à la chaîne du livre

La première édition des Ateliers Kalati a ouvert l’univers de la fabrication des pages à une quarantaine de jeunes à Douala.

« Une grande première dans l’univers du livre au Cameroun. » C’est en ces termes que Daniel Alain Nsegbe (nom d’écrivain, Mutt-Lon) a qualifié les Ateliers Kalati, dont la première édition se déroule depuis le 19 juillet dernier, à Douala. Les Ateliers Kalati, projet de l’association Liens d’Or, sont un espace d’initiation des enfants et des jeunes à la chaîne du livre. Il est question, selon Ange Mbelle, promotrice de l’association, « de créer la base de l’industrie littéraire de demain. Il s’agit ainsi d’apporter plus de clarté au fonctionnement de l’industrie du livre et de déterminer qui fait quoi, de l’écriture à la librairie. »
C’est dans ce sens que la quarantaine de participants, de 6 à 20 ans, ont pu échanger avec différents acteurs du secteur notamment à l’université Cosendai, à la Fnac, à la galerie Annie Kadji Art ou encore à l’Institut français du Cameroun, antenne de Douala : écrivains, éditeurs, imprimeurs, diffuseurs, distributeurs, libraires, coaches en écriture, etc. Parmi les auteurs qui sont venus parler de leur métier et de l’écriture, il y avait notamment Kouam Tawa, Danielle Eyango ou encore Daniel Alain Nsegbe. Et l’auteur de « Ceux qui sortent dans la nuit » sous le pseudonyme Mutt-Lon a apprécié l’expérience : « C’était une grande première pour moi de pouvoir expliquer la littérature et mon roman à de tout-petits. Il fallait que je trouve les mots pour faire passer le message. J’ai dû me mettre à l’épreuve et ça m’a plutôt plu. » Il a aussi pu apprécier les visites en librairie ou encore en bibliothèque avec les participants : « Je suis très content d’avoir pris part à cela. C’était pour moi l’occasion de constater qu’on n’en fait peut-être pas assez pour la littérature jeunesse, qui est pourtant un marché à part entière. »
Un marché à part entière avec des jeunes intéressés, comme Grace Mahel, 16 ans : « Je trouve l’atelier très instructif. J’ai appris comment un livre s’écrit et ce que c’est avant de devenir un livre, donc un manuscrit, une chose que j’ignorais. Maintenant, je vois le livre comme une façon d’apprendre des choses. J’apprends comment écrire un livre, un roman et j’ai envie de me lancer, même si c’est surtout comme un passe-temps. » Des propos qui trouvent un écho dans quelques-uns des objectifs d’Ange Mbelle : « J’ai lancé les ateliers Kalati pour que les jeunes découvrent que dans cet univers, un livre est une suite de métiers, de personnes qui travaillent. Ce n’est pas juste un auteur qui a imprimé un manuscrit. Et aussi pour, je l’espère, susciter des talents, des envies en eux ».
Déjà, l’association a commencé à repérer quelques talents qui pourront être orientés vers des ateliers d’écriture, des agences, des éditeurs… tout au long de l’année, jusqu’à la prochaine édition en 2022. Mais déjà, des livres ont été offerts aux participants de cette édition.
 

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