Hépatites virales B et C : la sensibilisation reste primordiale

Dans les formations hospitalières, les patients trouvent progressivement des traitements moins coûteux. A la veille de la Journée internationale, le dépistage reste crucial.

La perfusion fixée au bras gauche dans une salle d’hospitalisation du Centre hospitalier et universitaire de Yaoundé (Chuy), Amidou P. affiche une mine gaie ce lundi 26 juillet 2021. Au milieu des autres personnes malades, il commence à voir sa situation s’améliorer. Une hépatite B a été détectée chez ce conducteur de 34 ans travaillant à Libreville au Gabon. « Je me sentais mal. J’avais le ventre ballonné et de la fièvre quand je suis allé à l’hôpital à Libreville. Une typhoïde a été soupçonnée au départ. Sauf qu’avec mes yeux devenus jaunes, le médecin m’a prescrit un examen de l’hépatite », raconte-t-il. Cinq jours plus tard, il apprend qu’il est malade et prend un vol pour le Cameroun. Rendu à l’hôpital de district de Foumban, il repasse l’examen. Verdict identique. Le jeune homme préfère entamer le traitement au Chuy.
Interné depuis deux semaines, la situation d’Amidou P. s’est visiblement améliorée. Les yeux sont encore jaunes, mais les pieds ne sont plus enflés, le ventre n’est plus ballonné. A en croire le Pr. Njoya Oudou, gastro-entérologue et chef de service de médecine interne au Chuy, ce patient est arrivé à un stade avancé de la maladie. Il devra donc suivre un traitement mensuel pour atténuer la charge virale. « Je suis à environ 400 000F de dépenses depuis le début du traitement. Je me sens mieux maintenant et c’est le plus important », assure le patient.
En plus des malades internés, d’autres découvrent leur statut lors des consultations. Gaspard Alain A. en fait partie. Venu d’Ebang, à la périphérie de Yaoundé, ce chauffeur de 35 ans est encore au début du processus. Tout est parti d’une grosse fièvre avant la confirmation d’une hépatite B. Le chef de famille se rend au Chuy le 28 juin 2021 pour la première fois. « J’ai perdu beaucoup de poids. J’ai encore le ventre ballonné, les yeux jaunes et les urines foncées. J’avais beaucoup de mal à m’asseoir et à m’allonger », dit-il. Au regard de la série d’examens prescrits à l’hôpital ce lundi, Gaspard Alain A. va subir une ponction. Les médicaments prescrits pour cette opération sont évalués à 11 025F. Selon le médecin, après la ponction pour libérer le liquide encombrant dans son ventre, il sera observé pendant toute la journée. En l’état, il souffre déjà d’une cirrhose du foie.
La maladie est également décelée chez les donneurs de sang. Dans cet hôpital, la banque de sang décèle de nombreux cas. A en croire le Pr. Claude Tayou Tagny, hématologiste, environ 6% à 7% des donneurs de sang souffrent d’une hépatite B, contre 1% à 3% pour l’hépatite C. Le CHUY a mis en œuvre un programme pour amortir les coûts de traitement de l’hépatite C. L’hépatite B, plus meurtrière, reste encore incurable.
 

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