Nécrologie : Nkotti François est mort !

L’artiste émérite a rendu son dernier souffle à l’hôpital général de Douala hier 4 août 2021, à 70 ans.

Qui aurait pu imaginer, alors qu’il célébrait le cinquantenaire de sa carrière musicale en mars dernier à Douala et à Yaoundé, entouré de ses aînés, ses pairs et la jeune génération, que Nkotti François, en réalité, disait « au revoir » ? Un « au revoir » devenu brutalement réalité ce 4 août 2021 en mi-journée à l’hôpital général de Douala, où « Destopelaire » venait d’être admis aux urgences. Nkotti François est mort. A l’âge de 70 ans. De façon inattendue. L’homme pluri-talents, icône du makossa, chanteur, découvreur de talents, promoteur culturel, du festival Fomaric notamment, producteur,  homme politique… a fait un malaise le mardi 3 août à son domicile à Bonabéri, du côté de « Fin goudron Bonamikano ». Transporté d’urgence dans une clinique à Bessengue Deido, non loin des bureaux du club Nkotti, son état ne va pas s’arranger et hier, il sera conduit à l’hôpital général, où il rendra l’âme.
Sur place, une chape de chagrin s’abat sur la morgue de l’établissement hospitalier. Les cris déchirants de ses enfants, les larmes intarissables de ses pairs, le silence hébété de ses collaborateurs, personne n’est prêt à accepter que l’ancien maire de Bonaléa ne se réveillera pas. Pas même les curieux. Personnel médical, personnel d’appui, visiteurs, malades, ouvriers, etc., viennent jeter un coup d’œil et demander ce qui se passe. Eux aussi ont du mal à croire que le fils de Souza, un baobab, vient de s’écrouler. Et surtout, ils peuvent observer le ballet d’artistes qui entrent et sortent, Nicole Mara, Djene Djento, Martino Ngalle, Beko Sadey…Nicole, elle sera aux côtés des proches du monument Nkotti pour organiser le transfert du corps vers la morgue de l’hôpital de la Garnison militaire de Bonanjo.
Et sur le chemin, en passant devant un bar à Deido, on peut capter les notes d’un des succès de Nkotti François : « Benyengue ba Desto ». Comme les prémices d’un hommage à un illustre personnage qui aura gravé, à l’encre indélébile, son nom dans l’histoire de la musique. Lui, l’un des membres fondateurs du groupe de makossa Black Styl. Lui qui compte un répertoire de plus de 30 albums. Et surtout, lui qui aura laissé une autobiographie, dédicacée en mars dernier, intitulée « On m’appelle Desto », en même temps un coffret audio-vidéo de 3 CD et un DVD titré « Merci-Thanks ». Desto en mots, en sons, en images pour résumer une immense carrière. Un héritage plus que jamais précieux. Auquel s’ajoutera peut-être un album à titre posthume qu’il avait commencé de son vivant.

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