Prise en charge des malades mentaux : les choses concrètes

La campagne lancée par la Communauté urbaine de Yaoundé et le Minsanté vise à traiter les patients à domicile durant le mois d’août.

Carrefour Jamot. Il est 6h30 ce 9 août. Gilets estampillés « Communauté urbaine de Yaoundé », blousons fermés jusqu’au cou, William Onana, agent de santé communautaire, Adrienne Greenly Zintchem et Marcel Zangue, spécialistes en santé mentale en service à l’Hôpital Jamot de Yaoundé se pressent d’aller administrer des soins à domicile aux personnes souffrant de troubles mentaux. « Nous avons plus de chance de les retrouver chez eux avant le lever du soleil », précise Adrienne Greenly Zintchem, chef d’équipe. L’activité s’inscrit dans le cadre de la campagne de prise en charge de ces patients délicats, initiée le 5 mai dernier par la Communauté urbaine de Yaoundé en partenariat avec le ministère de la Santé publique
Premier arrêt, Santa Barbara, au lieudit Abattoir. La cible, Alice, victime de troubles psychiatriques depuis une vingtaine d’années. Visiblement furieuse, la malade âgée de 43 ans tente de s’échapper. Place à la négociation. 1000 F, c’est la somme exigée par la patiente pour accepter son injection. Affaire conclue ! Marcel Zangue lui administre alors du largactil associé à de l’haldol, du valium et de la modecate. Une molécule « retard » qui permettrait de maintenir le médicament dans le corps de la patiente durant plusieurs jours. « Étant donné qu’on n’est pas sûr de l’observance du malade, nous lui donnons un médicament à libération prolongée. Et lorsqu’elle sera plus stable, on remettra des comprimés comme relais à ses proches. Puis nous viendrons l’observer une fois par semaine », explique le spécialiste en santé mentale. Deuxième arrêt, carrefour Elig-Essono. Le nommé Ayina, malade mental âgé de 32 ans est encore affalé sur son lit de fortune qu’il a lui-même confectionné à partir de vieux vêtements. Souffrant depuis 7 ans, le patient a l’air épuisé. « Depuis ses premières injections samedi dernier, mon petit-fils ne met plus long dehors. Il sort à 10h et reviens à midi », précise la grand-mère aux hommes en gilet orange. Pour mieux le stabiliser, l’équipe lui administre sa seconde dose. Rendez-vous pris le lendemain pour une autre injection. 
Marie Tsogo est la troisième sur la liste. Sortie plus tôt chercher de quoi manger, l’ancienne coiffeuse de 48 ans n’a rien d’une malade mentale, à première vue. Mini-robe noire près du corps, cheveux afro bien taillés, son mal est trahi par ses pieds nus. Pas de réticence, la patiente se laisse aller. Tout comme elle, une vingtaine de patients ont reçu leurs doses d’injections à libération prolongée ce 9 août 2021. En cours depuis le 7 août dernier, la phase de prise en charge médicale et quotidienne des malades mentaux à domicile se poursuit jusqu’à la fin de ce mois. Suivra alors le retrait de malades errants pour l’Hôpital Jamot de Yaoundé.
 

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