Performance : saut de la renaissance

L’artiste Agathe Djokam a présenté le 28 août dernier à Douala le fruit de sa résidence pour sonner la révolution contre le Covid-19, mais aussi l’inertie artistique et sociale.

Agathe Djokam décide de réagir face à l’inertie artistique causée par la pandémie due au coronavirus. Pour garder la tête hors de l’eau durant cette période où plus de 20 dates de spectacles pour la tournée de ses projets de danse « Energie » et « A qui le tour ? » ont été annulées et reportées, l’artiste a monté le projet de résidence « Jump Mind – Page après P’âge ». Elle se révolte contre les freins sur les plans financier, géographique, matériel et humain, entraînés par ce contexte délicat. Pour l’artiste qu’elle est, Agathe Djokam n’en peut plus de rester loin de la chaleur de son public. C’est d’ailleurs dans le but de se rapprocher des spectateurs, de venir à la rencontre des populations en toute spontanéité, que cette initiative a été montée. Afin de marquer sa révolution, Agathe Djokam est rentrée à l’espace « Chez Kiki Elame » au quartier Bali à Douala, et s’est imposée pour défi de sauter à la corde, toujours plus vite, toujours plus longtemps. 
Son corps et son souffle, devenus au fil de ses prestations des alliés sûrs, contribuent à sa cause. Le projet « Jump Mind », c’est trois jours intenses (après 11 jours de répétitions) où se mêlent performance physique et art. Le 28 août dernier en compagnie d’autres artistes, elle a rendu un extrait de cette riche réflexion, menée du 16 au 29 août 2021. « J’ai commencé avec un défi de 10 sauts. Aujourd’hui, je suis au niveau de 20 000 sauts à la corde sans arrêt, et je ne m’arrêterai pas. Il s’agit de dépasser les épreuves et de trouver une raison valable à ce souffle encore présent », explique l’artiste. Par ces gestes répétitifs, l’artiste veut inciter les populations locales et internationales à découvrir autrement leur courage et leur motivation, à réorienter les énergies du quotidien de manière positive face aux réalités voulues ou non, à aller à la rencontre et à la découverte d’un nouveau public par de nouvelles idées, et à inclure la communauté dans le processus de réflexion, d’idée et de création. 
Une action collective donc. Et en somme, une thérapie par l’art pour aider à traverser cette période sombre. « Jump Mind –Page après P’âge » est un projet artistique conciliant musique, mots et corps. De nombreuses disciplines sont convoquées, entre musique, lecture et danse, en passant par l’écriture. Un travail artistique et curatif pour soigner la peur, les deuils, le stress, la crise financière, entre autres détresses induites par le coronavirus. Entre sauts à la corde, danse, textes, paroles, Agathe Djokam veut motiver son entourage, en s’appuyant sur des éléments palpables. Aller au-delà du physique afin d’accompagner tous ceux qui le souhaitent, avec volonté et détermination, dans l’espoir de lendemains meilleurs, sans l’ombre du coronavirus. 
 

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