Centrafrique : un cessez-le-feu décrété

Cette mesure prise vendredi par le président Faustin Archange Touadéra vise à mettre un terme aux opérations militaires dans le pays. Toutefois, elle ne semble pas arranger la rébellion.

Dans un discours prononcé vendredi soir sur les ondes de la radio nationale, le président centrafricain a annoncé l’instauration d’un cessez-le-feu dans l’optique de faire sortir définitivement la Centrafrique d’une crise politico-militaire qui dure depuis le renversement de François Bozizé en mars 2013 par une coalition rebelle conduite par Michel Djotodia. « Je viens vous annoncer ce soir la fin des opérations militaires et de toute action armée sur l’ensemble du territoire national, à compter de ce jour, 15 octobre 2021, à minuit », a déclaré Faustin Archange Touadéra. Le numéro un centrafricain a rappelé que cette décision rentre en droite ligne de la feuille de route issue du sommet des chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région des grands Lacs (CIRGL) tenu en septembre dernier à Luanda en Angola. « Les principaux leaders de la CPC, à l’exception de Nourredine Adam et Ali Darassa, respectivement leaders du FPRC et de l’UPC, ont signé l’engagement de cesser toute action armée sur le territoire national », a-t-il indiqué. 
Faustin Archange Touadéra a également fait savoir que « le cessez-le-feu unilatéral immédiat est la démonstration, si besoin en était encore, de ma ferme volonté de privilégier la voie du dialogue et non celle des armes, dans le règlement de la crise qui secoue notre pays ».  Mais, le numéro un centrafricain précise que cette mesure n’empêche ni les forces de sécurité intérieure de maintenir l’ordre, ni les Forces armées centrafricaines (FACA) de répondre en cas de légitime défense, encore moins la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) d’exercer son mandat. Une décision saluée par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, qui parle d’« une étape cruciale ». 
Cependant, la rébellion centrafricaine, pour sa part, ne semble pas être du même avis. « Nous respectons le cessez-le-feu, mais restons sur des positions défensives, si on nous attaque, nous nous défendrons », prévient Abakar Sabone, porte-parole militaire de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) dirigée par François Bozizé. « Si Touadéra considère que nous ne faisons pas partie du cessez-le-feu, ce n’est pas grave. On va continuer nos actions jusqu’à ce que nous trouvions une solution », a réagi Ousmanou Bi Mohamadou, porte-parole de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC).
 

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