« Baamum Nafi » (Le père de Nafi) : pour le bonheur de sa fille

Sachant qu'il ne lui reste que très peu de temps à vivre, Thierno n'a qu'une seule idée en tête, permettre à Nafi d'épouser l'homme qu'elle aime.

S'il ne vous reste que trois voire six mois à vivre à cause d'une maladie qui vous ronge, le diriez-vous à votre famille ? Thierno, le père de Nafi, a choisi de ne rien dire à son épouse et à son unique fille. Et c’est de ce dilemme que jaillit toute l’intrigue de « Baamum Nafi » (Le père de Nafi), film du réalisateur sénégalais Mamadou Dia, en lice pour l’Etalon d’or de Yennenga.  Le long métrage de 107 minutes a été projeté hier après-midi au Ciné Burkina, l'un des sites retenus pour les projections de la 27e édition du Fespaco. Il a d’ailleurs fait salle comble.
Thierno vit dans une localité dénommée Yotin, à une journée de voyage de Dakar. C'est ici qu'il a grandi et qu'il a succédé à son père comme Imam de la ville. Alors, quand le drame survient, il a du mal à quitter son Yotin natal. Sa famille et lui vivent en harmonie jusqu'au jour où, sa maladie débarque, mais surtout son frère Ousmane, qui revêt le mauvais rôle. Ce dernier enrage de voir son petit frère dans les responsabilités d’Imam, et ne reculera devant rien, même pas quand il faudra pactiser avec un Cheikh aux ambitions criminelles et inquisitrices, pour rentrer dans ce qu’il prétend être ses droits. Thierno décide malgré l’opposition, de rester à Yotin pour continuer de veiller sur les populations et les accompagner dans les bons moments (mariages) et les mauvais (enterrements). Une rivalité entre deux frères, sur fond de romance passionnée entre leurs deux enfants. Belle ironie…
Dans « Baamum Nafi », Mamadou Dia fait une peinture de la société sénégalaise. Les thématiques qui ressortent sont notamment le mariage forcé, le fanatisme religieux, la corruption au service des ambitions personnelles. En tournant dans une localité secondaire, le réalisateur a choisi de montrer que même dans les petites villes, tous les ingrédients d’un bon film sont disponibles. Ce décor ressort également un autre visage du Sénégal, dans sa ruralité. 
 

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