Désagréments: riverains et investisseurs n’en dorment pas

Certains perdent des biens immobiliers et se forcent à partir. Ceux qui restent affrontent la mer avec des moyens du bord.

Faustin Ehimo maudit la nature. Le sexagénaire vient de perdre un client. Celui-ci venait pour un achat de terrain en bordure de mer. Avant la transaction financière, le client s’est renseigné et on lui a fait comprendre qu’il n’aurait pas de vie paisible à cet endroit. A Mpalla, la famille Nola a abandonné la maison construite par les grands-parents. Le local était déjà un lieu à haut risque. Les vagues, avec une forte violence, détruisaient les murs. La famille Nola se trouve aujourd’hui en location du côté de Bikondo à 15 kilomètres de la mer. Elle est partie les larmes aux yeux. Comme cette famille, beaucoup d’autres sont en train de trouver de nouvelles terres. L’océan le leur impose.
A Nzami, à quelques mètres du lycée bilingue, la façade arrière d’un restaurant est tombée. Un peu plus bas, la clôture d’une villa a été avalée par l’eau. Le propriétaire raconte que c’est cette nuit-là, qu’il a vécu le plus grand cauchemar de sa vie. « Les vagues arrivaient jusque sous la véranda », raconte-t-il. Le scénario est le même à Bwambé, à Grand-Batanga et à Eboudja. Des maisons détruites par l’avancée de la mer. Certains hôtels communément appelés « pieds dans l’eau » sont simplement abandonnés. « Notre investissement n’a duré que quelques années », précise un hôtelier. Celui-ci regrette d’ailleurs son business. Il dit avoir joué la mauvaise carte.
L’érosion côtière provoque la psychose chez certains habitants. Ceux qui restent malgré tout sur le front de mer n’ont plus le sommeil tranquille.  Ils s’attendent au pire à tout moment. « Je n’ai nulle part où aller », fait savoir Samuel Njoumbé, natif de Bibambwé. Les pêcheurs de ce village broient du noir depuis un bon bout de temps. Les vagues sont...

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