Violences au Kasaï en RDC: l'ONU s'inquiète

La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) dénonce les atrocités dans les combats opposant des milices à l’armée régulière.

 

C’est depuis septembre 2016 que le Kasaï central est le théâtre des violences entre les forces de l'ordre et les miliciens d'un chef coutumier tué par les forces de l’ordre après avoir contesté l'autorité du gouvernement central. Ces derniers jours, les membres de la milice locale de Kamwina Nsapu se montrent particulièrement violents, selon des témoins. Vendredi dernier, 300 d’entre eux, armés de fusils de chasse de fabrication locale, de bâtons aux pouvoirs magiques (d’après les villageois) et de machettes ont tenté une incursion dans la ville de Tshimbulu. Dans leur dessein de venger la mort de leur chef traditionnel Kamwina Nsapu, mais aussi de chasser le nouveau régime en place  qu’ils jugent illégitime, les miliciens ont fait face à une réplique musclée des forces armées congolaises.
D’après des membres de la société civile et des habitants de Tshimbulu, plus de 60 miliciens ont été tués, le week-end dernier. Les troupes de l'armée congolaise ont tiré à la kalachnikov mais aussi aux lance-roquettes pour neutraliser les miliciens. Selon des observateurs, c’est que ces miliciens sont principalement des jeunes et des enfants de moins de 14 ans. Les Nations unies dénoncent ainsi l'usage disproportionné de la force par l'armée congolaise dans sa réponse aux attaques des miliciens contre les institutions de l'État. En attendant,  à Tshimbulu, principale ville du territoire de Dibaya, les habitants font état d’un climat de peur avec les affrontements qui se multiplient. Davantage, depuis plus d'un mois, il n'y a plus aucun représentant de l'Etat : ni maire, ni administrateur du territoire.
Les morts de Tshimbulu ne sont pas les seuls enregistrés en République démocratique du Congo, ces derniers temps, dans des heurts impliquant les forces de l’ordre.  Il y a une dizaine de jours, 12 personnes ont été tuées à Kimpese, dans l'ouest du pays, dans des affrontements entre les forces de l'ordre et les adeptes du Bundu dia Kongo, un mouvement politico-religieux. A chaque fois, les forces de l’ordre réagissent énergiquement. Trop peut-être selon l’ONU, qui multiplie les appels au calme. Dans un communiqué publié samedi 11 février, le Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO, Maman Sambo Sidikou, a condamné fermement les violences de la milice Kamwina Nsapu ainsi que «l’utilisation disproportionnée de la force» par les forces armées.

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