« La restauration des sites est un défi immense»

Pr. Jacques Etame, géologue.

La restauration des sites miniers après exploitation est un grand suet de préoccupation à l’Est Cameroun, entre autres. Comment en est-on arrivé là ?
La restauration des sites est un ensemble d’opération post- exploitation visant la remise en l’état des sites concernés. Pour ce faire l’Etat a prévu la loi minière du 14 Décembre 2016 portant Code minier du Cameroun. Cette loi stipule en son article 135, alinéa 2 que l’octroi des titres miniers soit subordonné à la réalisation d’une étude d’impact environnemental et la réhabilitation des sites par l’opérateur minier. Ceci dit, au regard des problèmes environnementaux observés dans les différents sites miniers, il apparaît que les dispositions du Code minier sur le volet environnemental n’ont pas été appliquées par les entreprises. Maintenant l’Etat du Cameroun à travers ses différents démembrements sur le terrain s’est-il occupé à véritablement appliquer ses propres dispositions et leur suivi réel ? Là est la question. 

Comment contraindre les exploitants miniers à honorer ce plan de gestion environnementale et social ?
Conformément à la réglementation en vigueur (Code minier), le plan de gestion environnemental est une exigence pour tout exploitant minier. Ce dernier est en effet appelé à la réalisation d’une étude d’impact environnemental et social en prélude à l’exploitation minière. Laquelle est un diagnostic visant à déterminer quels sont les impacts négatifs et positifs qu’un projet d’exploitation minière aurait sur l’environnement naturel et humain; l’objectif étant d’atténuer, d’éviter, d’éliminer voire compenser les effets néfastes d’un projet aussi bien sur l’environnement que sur les personnes affectées. Après l’exploitation d’un site, tout exploitant est tenu de réparer les dommages éventuels occasionnés par les travaux d’exploitation sur le(s) site(s) miniers et les infrastructures environnantes. En cas de manquement à ces exigences la loi minière prévoit de pénalités allant de la suspension des activités à un  emprisonnement de six mois à trois ans voire le retrait du titre minier, avec des amendes allant de 500.000 à 10 millions de F. 

Quelles actions peuvent être menées en matière de restauration et surtout de valorisation des terres détruites et parfois polluées ?
La restauration des sites affectés par les travaux d’exploitation minière est un défi immense au rega...

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