La tour Eiffel ou le Monument de la Réunification ?

L’information en a étonné plus d’un il y a quelques jours. Les résultats d’une enquête menée par le ministère du Tourisme et des Loisirs et révélés par le ministre d’Etat Bello Bouba Maïgari dans une interview accordée à CT, indiquent que des résidents camerounais ont dépensé pas moins de 125 milliards de F en une année, entre 2021 et 2022. C’était au Cameroun, dans des voyages, excursions et autres activités à caractère touristique. Le chiffre est important et indique clairement que le tourisme interne est une mine d’or pour les recettes de l’Etat, mais aussi pour celles des opérateurs du secteur. Ces 125 milliards de F peuvent donc être le point de départ d’une véritable offensive en faveur du tourisme domestique.
D’ailleurs, ça tombe bien. Ce sont les grandes vacances. Et l’on remarque qu’un nombre important de familles de la classe moyenne investissent de grands moyens pour offrir à leur progéniture des voyages hors des frontières du Cameroun. En Europe ou en Amérique, où sont établis des membres de leurs familles, mais aussi vers de nouvelles destinations très prisées comme les Emirats arabes unis (Dubai).  Quoi qu’il en soit, ce sont d’énormes ressources qui s’envolent ainsi, alors qu’elles auraient pu profiter au tourisme et à l’économie camerounaise si toutes les conditions étaient réunies pour retenir au pays toutes ces personnes, et leur proposer au change, une offre de détente et de loisirs conséquente.  L’affluence de ces derniers jours dans les consulats de certains pays amis l’attestent. Tous ces demandeurs de visa sont la preuve qu’il existe bien chez les Camerounais, une forte demande en la matière. Mais le fait qu’elle soit grandement extravertie interroge. Pourquoi le secteur touristique national ne parvient-il pas à capitaliser ce gros potentiel ? 
Pour présenter la situation, autorisons-nous un abus de langage, en disant que, d’une certaine manière, les 125 milliards de recettes évoquées par l’enquête gouvernementale, se sont faits pratiquement « tous seuls », sans grand effort. C’est un peu comme le niveau zéro d’une niche d’opportunités qui ne demande qu’à être judicieusement exploitée pour produire dix fois plus que ce chiffre qui étonne agréablement aujourd’hui. 125 milliards, c’est bien le minimum qu’on puisse obtenir. Ce niveau de recettes doit à présent être pris comme l’indicateur d’un gisement de grande envergure. Et traité en conséquence. C’est-à-dire, exploré dans ses moindres aspects, puis exploité au mieux pour produire l’impact logiquement attendu. Cela appelle dès aujourd’hui, une réflexion et des d’actions pour fructifier ce potentiel. 
Première motivation : la population du Cameroun. Près de 26 millions de personnes, ce sont autant de potentiels clients pour les hôtels, restaurants, circuits touristiques et attractions de tout type. Deuxième motivation : les atouts naturels du pays. Le Cameroun a été spécialement gâté par la nature et par l’histoire. Il recèle donc de nombreux trésors pour les touristes en général, dont les nationaux qui ne demandent qu’à connaître leur pays. Alors, question : qu’est-ce qu’on attend ?
Si le dernier chiffre des recettes engrangées par le tourisme domestique ne produit pas l’effet de sonnette d’alarme, c’est qu’il y a un problème. Mais il y a espoir. D’abord du fait que l’information provienne du ministère du Tourisme et des Loisirs, bras armé de l’Etat pour la conception et la mise en œuvre de la politique de développement du secteur. Il n’échappe certainement pas au ministre d’Etat, Bello Bouba Maïgari et à toute son équipe, qu’il y a là, une énorme opportunité à saisir. Un énorme marché à mettre en place pour que demain, on ne puisse plus se contenter de recettes de 125 milliards, mais qu’on prétende à ce qu’on est réellement en droit d’attendre du potentiel touristique du pays. A ce sujet, il y aurait au moins trois choses à faire : améliorer l’offre touristique nationale, mettre à niveau l’ensemble des acteurs du secteur, et bien vendre la destination Cameroun aux nationaux. 
Améliorer l’offre, passe par des investissements importants sur les infrastructures. Les sites touristiques bien sûr qu’on gagnerait à aménager avec l’ambition d’accueillir le maximum de visiteurs. Cette exigence s’accompagne de celle de mettre en place toutes les commodités nécessaires et tous les services satellites (restauration par exemple). Et en dehors des sites proprement dits, des investissements de grande envergure sont demandés pour les voies de communication. Routes, services de transports sont intimement liés à l’activité et devraient suivre le mouvement.
Ensuite, il est nécessaire de former...

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie