Préférence nationale: ce n’est pas automatique

 Cette disposition du code des marchés publics ne s’applique que lorsque le dossier d’appel d’offres en fait la précision.

L’article 32, du Code des marchés publics du Cameroun stipule clairement que « lors de la passation d’un marché, soit sur appel d’offres, soit de gré à gré, la priorité est accordée, à offres équivalentes en fonction des critères d’évaluation fixés dans le dossier de consultation, à la soumission présentée par une personne physique de nationalité camerounaise ou une personne morale de droit camerounais ». Mais, du côté du ministère des Marchés publics (MINMAP), l’on précise d’emblée que « cette disposition n’est pas d’application automatique. Il faut que le dossier d’appel d’offres (DAO) en fasse expressément mention », souligne Christophe Paldou, directeur général des marchés des infrastructures. Dès lors, la préférence nationale est de mise, même si l’offre camerounaise est plus chère de 10% pour les marchés de travaux et de 15% en ce qui concerne les fournitures. Le même article précise qu’«il n’est pas prévu de préférence nationale pour les marchés de prestations intellectuelles ». 
En effet, c’est à la faveur de la réforme de 2014 que les dispositions sur la préférence nationale ont été intégrées au Cameroun, « alors que cette pratique à cours partout ailleurs. Du côté de l’Afrique de l’Ouest, certains pays parlent même de préférence régionale, afin de privilégier les entreprises de la sous-région avant d’élargir complétement à l’international », assure notre source au MINMAP. C’est dire que la mesure n’est pas aussi discriminatoire qu’elle puisse sembler. Christophe Paldou explique que « la préférence nationale est une mesure visant la protection des entreprises locales qui ont des charges fiscales et autres taxes à payer. Autant de frais que les entreprises étrangères ne paient pas systématiquement. Bref, ça reste une politique de développement endogène qui évite aux privés locaux d’être engloutis par les grosses firmes internationales ».
Dans la pratique au Cameroun, la préférence nationale s’exprime généralement lorsque le maître d’œuvre intègre le souci de valorisation de la main d’œuvre locale, comme c’est de plus en plus le cas avec l’approche Haute intensité de main d’œuvre (HIMO). De même, lorsque les matériaux de construction sont localement disponibles, la préférence nationale s’impose encore plus. Il revient aux entreprises locales de savoir rédiger des offres à leur avantage.

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