Biblio : apprentissage au village

Dans une langue multicolore et inventive, Diadié Dembélé, auteur malien, offre « Le duel des grands-mères », un roman drôle et plein de tendresse.

Hamet, jeune Malien, a dix ans. Le goût des mots. Que ce soit ceux du wolof, du songhai, du bambara, du sinisé, du dogon, du bwa ou du mandinka. Et même les mots du « gros français ». D'autant qu'à l'école, le choix n'existe pas. Le symbole est là pour rappeler aux contrevenants qu'on est là pour oublier ses racines linguistiques. Sa mère voulait qu'il suive l'enseignement traditionnel musulman à l’école arabe. Son père parti travailler en France l'a inscrit à l'école des Blancs, pour qu'il soit le premier de la famille à devenir quelqu'un. Mais l'intelligence et la curiosité du jeune garçon le rendent turbulent. Il finit par devenir insupportable avec son français plus pointu que celui des Français de France et ses affirmations scientifiques en si insolente contradiction avec les croyances des siens. L’enfant se lasse rapidement de la pédagogie peu innovante, pour finalement opter pour l'école buissonnière. C’en est trop. La sanction ne tarde pas.
Il est temps de rappeler au petit Hamet qui il est, et d'où il vient. Et pour cela, rien de tel qu'une immersion au plus profond du pays, dans le village de ses aïeux. Pour lui apprendre la vie et le ramener à davantage d'obéissance et de respect des traditions, Hamet est envoyé quelques mois loin de la capitale Bamako, auprès de ses deux grands-mères. L'y attendent, les conditions rustiques de la campagne, les travaux des champs en compagnie d'autres garçons, mais aussi une famille dont les complexes liens de parenté recèlent bien d'édifiants secrets. En fait de lui remettre du plomb dans la cervelle, ce retour aux sources va le transformer en profondeur. Le processus fait de ce récit un roman d'apprentissage.
Au travers du regard de son jeune personnage, ce n'est ni plus ni moins que les déchirements identitair...

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