Importations d’huile de palme : on peut s’en passer

Cette filière, pourtant identifiée parmi les porteuses de la transformation structurelle de l’économie à l’horizon 2030, continue de faire face à moult difficultés.

Plusieurs statistiques ont été présentées le 5 octobre dernier au cours du point de presse de l’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (Asroc) sur cette filière. L’une de ces données est la quantité d’huile de palme brute importée en 2023. 200.000 tonnes. Beaucoup plus que les 143.000 tonnes importées en 2022. On est donc sur une courbe ascendante après les 96.000 tonnes de  2017, même si en 2020 par exemple, on était descendu à 70.000. D’après Jacquis Kemleu, le secrétaire général de l’Asroc, « la filière des oléagineux fait face à un déficit structurel de la matière première essentielle qu’est l’huile de palme brute de plus de 160000 tonnes, ce qui justifie des importations annuelles de cette denrée de l’ordre de 100.000 tonnes. Il est important de souligner que ces importations qui s’imposent à ce jour, sont une mesure conjoncturelle, appliquée dans l’attente du relèvement de la production nationale d’huile de palme brute, et ne constitue en rien une violation de la politique d’import-substitution.» En effet, les acteurs du secteur sont un peu contraints d’avoir recours aux importations au vu de la demande. Et le déficit de plus de 160.000 tonnes devrait continuer à s’accroître au regard de la demande et du relèvement de la capacité de transformation des unités existantes et des nouvelles unités dont le seul besoin est évalué à 1232 tonnes par jour. « La conséquence est la nécessaire importation qui se veut conjoncturelle pour éviter la pénurie des produits finis que sont l’huile de palme raffinée en particulier et peut-être avec le temps le savon de ménage, tout comme le risque de l’inflation qui pourrait en découler. Le déficit structurel qui tient compte des prévisions de production des industries de la première transformation et des prévisions de transformation des industries de la deuxième transformation, justifie le besoin d’importation », expliquait Jacquis Kemleu.  
Il faut dire que la production nationale d’huile de palme brute tourne autour de 400.000 tonnes pour un besoin qui va bien au-delà. C’est qu’il reste difficile de produire pour diverses raisons. On peut citer la faible organisation et structuration des producteurs notamment les producteurs villageois; la faiblesse des rendements de production et d’extraction; les pertes post-récolte dans le processus de collecte et d’extraction; la faible disponibilité des statistiques fiables sur les segments de la chaîne de valeur palmier à huile; la faible maîtrise des itinéraires techniques par les producteurs ; la faible disponibilité de la main-d’œuvre agricole à travers le développement des compétences spécifiques; l’enclavement des bassins de production; le coût élevé des intrants à la production. A côté de cela, il y a les difficultés d’accès au financement, mais aussi des lourdeurs administratives liées à l’accès à la terre.
Au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, l’on reconnaît que la filière huile de palme brute a beaucoup de potentiel mais, atteind...

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