Interview : « le Cameroun dispose d’un grand potentiel en la matière »

Alfredo Lo Cicero, directeur du Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets.

 

Pouvez-vous nous faire le point sur la situation des énergies renouvelables au Cameroun ?
La situation des énergies renouvelables au Cameroun est à l’image de la tendance globale qui existe dans le continent africain en général. Il a des capacités et un potentiel incroyable, mais n’arrive pas à exploiter au maximum ou de façon suffisante ces ressources. En général en Afrique, seuls 2% des énergies renouvelées sont issues de ressources énergétiques renouvelables. Au Cameroun, on est au tour de 2,6% grâce aux efforts fournis par le ministère de l’Eau et de l’Energie qui a remonté la barre de 1,6% en moins de 10 ans.

Toutefois, cela n’est pas suffisant parce qu’on se retrouve avec une capacité de productivité de l’électricité qui arrive dans les pays à rejoindre 60% de la population globale dans les zones urbaines en dépit des milieux ruraux. Aujourd’hui, on pense que rien que 40% de la population rurale est desservie par un système d’énergie classique. Et même dans les zones urbaines, la situation n’est toujours pas facile parce que s’il est vrai que 80% des populations vivant dans les villes ont l’électricité, il y a aussi que des difficultés de fourniture restent néanmoins importantes.

Actuellement, la situation d’accès à l’électricité est difficile, mais on remarque une forte volonté du gouvernement de renforcer la capacité de fourniture en énergie. Ce que Unops et le ministère essaient de faire n’est pas d’ajouter des structructures produisant de l’électricité, mais d’assurer un modèle qui arrive à épargner l’actuelle capacité productive et mieux le rationaliser à travers l’utilisation des énergies renouvelables et faire en sorte que la productivité puisse être mieux distribuée surtout dans les zones rurales.


Quel est, selon vous, le potentiel de gisements des énergies vertes sur lequel l’Etat peut compter ?
La première chose qu’on m’a dite lorsque je suis arrivé au Cameroun est que ce pays est l’Afrique en miniature. C’est bien dit parce que les capacités naturelles, notamment des énergies solaires sont importantes dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Et dans le reste du pays, le Cameroun dispose un important réseau hydraulique qui est fondamental et pourrait encore être plus exploité. Il y a aussi l’éolien qui n’est pas à négliger, surtout dans les zones côtières du pays.

Dans le futur, on pourrait même imaginer l’optimisation des courants de la mer qui sont des systèmes très pointus qui pourront un jour être appliqués, compte tenu de la forte capacité de ces ressources du pays. Le potentiel est disponible mais il s’agit maintenant de penser à un modèle durable, facile à gérer au niveau technique et en même temps rentable. Nous pouvons aussi essayer de promouvoir des modèles que chacun peut appliquer à son niveau. Je pense aux panneaux solaires surtout en milieu rural. Je vois souvent les gens qui chargent leurs téléphones avec de petites plaques solaires. Je pense que ceci est un grand atout dans lequel le consommateur peut appuyer sa volonté de trouver une solution alternative.

Selon vous quels leviers peut-on actionner pour promouvoir les énergies renouvelables au Cameroun ?
Il y a plusieurs étapes. Commençons par l’institutionnel, on remarque une forte volonté de tourner vers les énergies renouvelables comme alternative au système d’approvisionnement en énergie. Pour cela, il faut renforcer les capacités institutionnelles. Unops, le Minee et d’autres partenaires financiers sont en train de travailler afin de renforcer les capacités du gouvernement sur les aspects opérationnels et législatifs. La loi devrait définir clairement quelles sont les contraintes et les avantages à utiliser les énergies renouvelables pour le secteur privé tant pour les producteurs que le...

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