Aude Christel Mgba : « J’ai développé le métier de façon indépendante »

Historienne de l’art, curatrice

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le travail d’un curateur ? 

Le métier de curateur est une profession des arts visuels autrefois appelés arts plastiques. Ce n’est rien d’autre qu’une appellation du métier de commissaire d’exposition. C’est tout simplement cette personne qui conçoit, organise et réalise une exposition. Mais je pourrais aussi ajouter et ce n’est que ma vision à laquelle ne peuvent adhérer certains, que l’expression curateur est de plus en plus utilisée que celle de commissaire d’exposition à cause du vocable même qui a conduit à l’élargissement des tâches du métier. Curateur vient du latin curare et de l’anglais curate qui renvoie à prendre soin. C’est aujourd’hui dire que le curateur, au-delà de l’exposition, prend soin du travail même de l’artiste dans l’encadrement mais organise aussi d’autres activités telles que les ateliers, les talks qui aideraient à la construction des idées et à la promotion de l’art en général.
Qu’est-ce qui vous a poussé à embrasser cette profession ?
J’ai fait mes études de second cycle à l’Institut de formation artistique (IFA) de Mbalmayo. J’y ai eu une formation en peinture. C’est dire que techniquement, je suis à même d’aborder la peinture artistique. Après mon baccalauréat en peinture, je suis entrée à l’université, mais avec au fond de moi cette flamme qui brûlait pour la discipline histoire de l’art. J’avais déjà quelques sources d’inspirations comme le Dr Assako Assako Paul et M. Dibangtchou Collins qui ont été mes enseignants à l’IFA. Bien que ne sachant pas encore qu’elle orientation j’allais prendre professionnellement parlant. J’ai obtenu ma licence trois ans plus tard en APHA (Arts plastiques et Histoire de l’art) puis j’ai continué en Master en histoire de l’art. Pendant mes études je n’hésitais pas à participer à des activités externes de la scène. Ma première expérience professionnelle fut aux Rencontres d’arts visuels de Yaoundé (RAVY) aux côtés de Landry Mbassi, autre curateur. Puis de fil en aiguille, un stage à Bandjoun Station m’a permis de découvrir le métier et plus encore des noms de curateurs et critiques camerounais de renommée internationale tels que Koyo Kouoh, Simon Njami et Christine Eyene.
Vous êtes également enseignante et collaboratrice de l’Espace Doual’Art. Comment se déroulent ces autres pans de votre vie professionnelle ? 
J’ai commencé l’enseignement en 2015 à l’Institut de Formation artistique suite au départ d'un enseignant. Je suivais encore mes études à l’université. Ce n’était pas dans mes plans mais quand la proposition est tombée je me suis dit que c’était un moyen pour moi d’actualiser mes connaissances et de les maîtriser. Car une connaissance en Histoire de l’art est très importante pour le métier. J’avais développé le métier de façon indépendante ce qui me permettait de faire autre chose comme organiser des expositions ou rencontres d’artistes. Jusqu’au jour ou très récemment me tombe une proposition de commissaire d’exposition pour Doual’Art. C’est une grande responsabilité.
 

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