RDC: un dialogue constructif

Commentaire.

Les « manifestations pacifiques »  annoncées ce lundi, 3 avril par l’opposition congolaise pour réclamer l’application de l’accord de sortie de crise interviennent dans le contexte d’une nouvelle tentative de décrispation du climat politique initiée par le président Joseph Kabila. Grâce aux nouvelles consultations entamées mercredi dernier, le chef de l’Etat congolais s’est  engagé à aplanir les divergences restées en suspens entre sa famille politique et le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement à la suite de l’échec de la médiation de la Conférence épiscopale nationale congolaise (CENCO). On sait que ce nouvel échec survient quelques mois après la faillite de la facilitation de l’Union africaine conduite par Edem Kodjo. On sait également que la conjoncture sécuritaire prédispose le gouvernement congolais et l’opposition à saisir cette nouvelle opportunité pour relancer un dialogue constructif dans le sens de la sortie de crise.
Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies semble encourager ce dialogue. Puisqu’il a renouvelé le mandat de la Mission de stabilisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) et réduit légèrement ses effectifs. Tout en recentrant son mandat sur la protection des civils et la mise en œuvre de l’accord de sortie de crise. De même, la nouvelle tentative de décrispation politique survient dans une conjoncture  où les corps des deux experts de l’ONU et leur interprète congolais, récemment kidnappés dans les provinces agitées du Kasaï, ont été retrouvés. Certes, les nouvelles consultations ne garantissent pas que les questions de la nomination du Premier ministre et de la désignation du président du Conseil national de suivi de l’accord de sortie de  crise (CNSA), les principaux points de blocage des négociations inter-congolaises, trouvent des solutions. Pour autant, le rejet de ce nouveau cadre d’échanges serait imprudent, tous les autres ayant été sabordés par l’intransigeance des protagonistes. La conjoncture sécuritaire est suffisamment préoccupante pour que le gouvernement et l’opposition continuent de s’ignorer.
 

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