RDC: la perspective d’une décrispation

Commentaire.

L’annonce de la nomination d’un nouveau Premier ministre chargé de conduire la transition en République démocratique du Congo aurait dû susciter l’enthousiasme de la part de ceux qui sont impatients de voir ce processus aboutir à bon port. Ce n’est forcément pas le cas parce que cette semaine encore, le gouvernement et le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement ont continué de s’opposer sur les modalités de désignation du Premier ministre et du président du Conseil national de suivi de l’accord  de sortie de crise (CNSA).
Ni la facilitation de l’Union africaine, ni  la médiation de la Conférence épiscopale nationale  congolaise (CENCO), ni les nouvelles consultations du président Joseph Kabila n’ont pu aplanir les divergences de la majorité présidentielle et de l’opposition sur  ces points de blocage des négociations inter-congolaises. Même si les deux parties se rejettent la responsabilité de l’immobilisme, il apparaît  que le gouvernement tient à affirmer son autorité par le canal du choix du Premier ministre et du président du CNSA. De la même manière, l’opposition manœuvre pour confier ses strapontins à ses dirigeants. Ces calculs politiques retardent la mise en œuvre de l’accord de sortie de crise signé le 31 décembre dernier et donc l’organisation des élections annoncées avant la fin de cette année. Dans un contexte où les provinces du Kasaï demeurent agitées et où l’opposition n’hésite pas à brandir la menace des « villes mortes ». 
Toujours est-il que le président Joseph Kabila, garant du fonctionnement des institutions congolaises,  de la paix et de la stabilité du pays, est outillé pour décrisper le climat politique du pays. Cependant, la personnalité à laquelle  le président de la République  confiera la charge de Premier ministre, chef du gouvernement de transition, ne sera à l’aise pour conduire ce processus et donc traduire la  décrispation en actes, que dans la mesure où la majorité présidentielle et l’opposition lui font confiance et à travers lui  au chef de l’Etat. Dans le cas contraire, la tâche du nouveau Premier ministre risque d’être compliquée et retarder encore le processus de sortie de crise.
 

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