Handicap et santé sexuelle : quand la sensibilisation devient un acte d’émancipation
- Par Kimeng Hilton
- 09 Apr 2026 22:27
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L’association ASMIBA-PVSH et de l’UNFPA ont lancé une offensive inclusive pour la santé des femmes handicapées le 8 avril 2026 à Yaoundé.
Sous le soleil de la capitale camerounaise, une effervescence particulière a régnée le 8 avril 2026 sur le site de la clinique mobile organisée par l’Association des Militants et Combattants pour les Personnes Vulnérables et les Personnes Handicapées (ASMIBA-PVSH) dans le quartier Ekie à Yaoundé. En ce jour de clôture de la phase principale d'une campagne d'envergure, l'émotion est palpable. Pour près de 300 femmes vivant avec un handicap, ce n'est pas seulement une consultation médicale gratuite qui leur est offerte, mais une reconnaissance de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.
L’urgence de l’équité
Au Cameroun, les chiffres de l’Institut National de la Statistique (2023) sont sans appel : environ 3 millions de citoyens, soit 15 % de la population, vivent avec un handicap. Pourtant, derrière ces statistiques se cache une réalité plus sombre. Les femmes et les adolescentes de cette catégorie sociale sont deux fois plus exposées aux violences sexuelles et aux exclusions médicales que le reste de la population.
« Les infrastructures sont souvent inadaptées, et le personnel médical manque fréquemment de formation en communication inclusive », déplore Tombi A Sanam Olivier, chercheur en sciences politiques et président de l’ASMIBA-PVSH. Pour lui, ce projet, financé par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), est une réponse directe à ce qu'il qualifie de « silence systémique ».
De la formation à l’action sur le terrain
La campagne ne s'est pas limitée à une simple distribution de soins. Elle repose sur une stratégie de « pair-éducation ». En amont, 50 jeunes en situation de handicap ont été formés pour devenir des ambassadeurs du changement. Ces pairs éducateurs ont parcouru les communautés pour parler de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR), de planification familiale, de prévention des Violences Basées sur le Genre (VBG) et même de participation politique.
Le 8 avril a marqué le point d'orgue de cette mobilisation à Yaoundé. Environ 300 femmes ont convergé vers la clinique mobile pour bénéficier de dépistages du VIH/Sida et de services de contraception. « L’autonomie est impossible si l’on donne naissance de manière désordonnée ou par accident », martèle Tombi A Sanam Olivier. Pour ces femmes, la planification familiale est l’outil ultime pour reprendre le contrôle sur leur corps et leur avenir professionnel.
La science au service de l’inclusion
Au cœur du dispositif, l'aspect technique est rigoureux. Kwamegni Nga, technicien de santé et analyste médical, coordonne les dépistages avec une précision chirurgicale. Dans son box, il prend le temps d'expliquer chaque étape, car pour beaucoup, la peur du diagnostic reste un frein.
« Il faut démystifier le virus », explique-t-il. Il insiste sur la distinction entre le VIH et le Sida, soulignant que grâce aux traitements antirétroviraux (ARV), une personne dépistée tôt peut mener une vie longue et productive. Le protocole est strict : un premier test réactif entraîne systématiquement un deuxième, voire un troisième test de confirmation. Pour celles dont le résultat est négatif, la séance se transforme en cours de prévention pratique, consolidant les acquis des sessions de sensibilisation.
Un impact national
Si Yaoundé était sous les projecteurs ce 8 avril, l...
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