Note de lecture: frime et châtiments

La chute et la possible rédemption d’un ex-puissant meublent « Châtiments névrotiques », roman de Dominik Fopoussi.

Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé n’est pas forcément fortuite. De fait, Dominik Fopoussi se sert du permis d’inventer, que chaque romancier doit détenir quelque part, pour flirter avec l’excès de vitesse en la matière. Ou pas. Parce que pour le coup, le fruit de l’imagination de cet ancien journaliste semble nourri à la sève de la réalité, fruit porté par un arbre dont les racines s’enfoncent loin dans le sol fertile du vécu collectif.
Résumons. C’est l’histoire d’un directeur général de société d’Etat qui se retrouve un jour en difficulté avec la justice pour mauvaise gestion. Ça vous parle ? Et donc le fameux Dégé (c’est le nom du personnage principal), appellation également déclinée en « Directeur généreux », va perdre sa liberté pour avoir pris des libertés avec la fortune publique.
Si la chute d’un homme n’est pas la fin de sa vie, pour reprendre l’expression d’un chanteur populaire, cette dégringolade peut être douloureuse. Passer d’une demeure luxueuse, à un cachot infect, pour qui était par ailleurs abonné aux grands palaces de ce monde, c’est mourir plusieurs fois. Dégé, ancien homme de pouvoir, sera ballotté comme un fétu insignifiant dans la spirale de l’humiliation. Pour atterrir lourdement en prison, sans grand espoir d’en sortir de sitôt.
Il est clair que Dominik Fopoussi s’est inspiré, au moins en partie, de l’actualité locale de ces dernières années, sur le front de la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics. On ne citera aucun oiseau de proie, mais les ailes et les serres d’un certain rapace se dessineront aisément dans l’esprit du lecteur, au fil des pages de ce roman qui en compte 206.
D’autres travers sociaux sont relevés, souvent grossis jusqu’à la caricature. L’usage du permis d’inventer, sans doute. Sauf que parfois, les choses s’enchaînent un peu vite. Les personnages et leurs trajectoires débarquent à grande vitesse, au point quasiment de s’entrechoquer dans leurs apparitions. Mais bon, tant qu’il n’y a pas collision frontale, personne ne songera à retirer son permis d’auteur à l’ancien reporter du « Messager ».

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