Famille: Le poids des inégalités
- Par Marie Christine
- 15 May 2026 08:07
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La Journée internationale, commémorée ce 15 mai 2026, invite à regarder la réalité en face: la maison familiale reste le premier lieu où se jouent les injustices qui marquent à vie.
Dans les familles camerounaises, comme ailleurs, les inégalités s’invitent à table, à l’école, devant le notaire. Elles traversent la famille nucléaire et la famille élargie. C’est le « fils préféré » à qui oncles et tantes pardonnent tout, quand sa soeur est grondée par le père pour moins. C’est la jeune fille retirée du CM2 par sa mère, sous la pression de la grand-mère, pour aider au champ, pendant que son frère part au collège avec la bénédiction du grand-père. C’est le mariage arrangé à 15 ans parce que « chez nous, une fille ne refuse pas une chance », décision prise entre parents, oncles et belles-familles. C’est aussi le garçon aîné sommé de devenir le pilier, l’héritier, même s’il étouffe, parce que le conseil de famille en a décidé ainsi. Entre parents et enfants, le lien se tend. L’autorité paternelle se fait parfois autoritarisme. La mère, tiraillée entre tradition et protection, se tait. L’enfant qui subit l’injustice perd confiance. Celui qui en profite grandit avec un sentiment d’impunité. Dans les deux cas, la transmission est faussée : on n’apprend plus l’équité, mais la loi du plus fort. Entre frères et soeurs, la fracture peut donc s’installer. La rivalité remplace la solidarité. La petite soeur jalouse le frère qui reçoit de l’argent de poche. Le grand frère méprise la cadette qu’on cantonne aux corvées. Les cousins s’en mêlent, reproduisant les clans. Au lieu d’être un refuge, la fratrie devient un ring. Et quand la famille élargie valide ces différences, le mur des inégalités se dresse et se cimente pour des générations. Les chiffres claquent. D’après une étude de l’Unicef menée en 2015, au Cameroun, 31% des filles sont mariées avant l’âge 15 ans. En zone rurale, seules 10% achèvent le secondaire contre 28% des garçons. Une superficie importante des terres héritées reviennent généralement aux hommes. Derrière les statistiques, des vies abîmées : décrochage scolaire, grossesses précoces, dépression, fuite du foyer. Le frère favorisé, devenu adulte, écrase à son tour. La soeur sacrifiée transmet sa blessure à ses enfants. Ces inégalités ne sont pas qu’une affaire de tradition. La pauvreté les aggrave, l’ignorance de la loi les perpétue. Le Code de la famille consacre pourtant l’égalité successorale entre fils et filles. Mais, dans huit cas sur 10, la famille nucléaire cède devant la famille élargie qui impose la « coutume ». Or un enfant disc...
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