« Les transferts mobiles continueront à contribuer à l’inclusion financière »

Steve Amara, General Manager Francophone Africa, Taptap Send.

Comment évaluez-vous l’évolution du secteur des transferts mobiles au Cameroun, tant ceux en provenance de la diaspora que ceux s’effectuant en interne ? Les deux types de transferts sont fortement liés, étant donné que c’est l’émergence, puis l’explosion des transferts par portemonnaie mobile qui ont permis à des entreprises comme les nôtres d’exister et de créer cette nouvelle façon d’envoyer de l’argent. Il y a une quinzaine, voire une vingtaine d’années, pour recevoir de l’argent de la diaspora, on recevait un SMS avec un code, il fallait se rendre dans une agence, faire la queue avant de retirer de l’argent et cela coûtait extrêmement cher, tant à la personne qui envoyait qu’à celle qui recevait. Le fait que les portemonnaies mobiles soient arrivés au Cameroun a facilité l’inclusion financière de nombre de nos concitoyens et aidé à ce que des services facilitant l’envoi d’argent de la diaspora vers ici se développent. C’est clairement une courbe ascendante qui ne va pas s’arrêter parce que, selon la Banque mondiale, environ un milliard à 1,5 milliard de dollars sont envoyés au Cameroun chaque année par la diaspora. C’est une manne financière énorme et je suis convaincu que ce chiffre est sous-estimé du fait de l’informel. Comment ces transferts contribuent-ils à l’inclusion financière des populations ? Il y a trois aspects dans cette question. Le premier, macroéconomique, stipule que lorsqu’on regarde l’évolution des flux financiers, moins le cash circule, plus l’économie se développe parce que les transactions deviennent plus rapides. A partir du moment où la monnaie électronique devient plus utilisée que la monnaie fiduciaire, on voit apparaître de nouveaux flux économiques et de ce point de vue, plusieurs personnes qui n’avaient pas accès à des systèmes bancaires classiques ont aujourd’hui accès à des services financiers via un terminal que quasiment tout le monde a : un téléphone mobile, surtout que pour utiliser un portemonnaie électronique on n’a pas besoin d’Internet ni de posséder un smartphone. Cela contribue à ce que plus de personnes soient inclues dans les systèmes financiers. Le deuxième aspect concerne les entreprises comme les nôtres. On voit souvent en premier lieu la rémittence qui est la face visible par laquelle la diaspora envoie de l’argent à la maison pour des services essentiels. En élargissant, l’autre aspect est celui de permettre à des Pme et Pmi de r...

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