Modernisation du système électoral: L’expérience camerounaise partagée

Enow Abrams Egbe, président du Conseil électoral d’Elections Cameroon

Le président du Conseil électoral d’Elections Cameroon, Enow Abrams Egbe, a pris part à l’Assemblée générale 2026, du Réseau des compétences électorales francophones (Recef) tenue à Namur, en Belgique, du 9 au 12 juin dernier. A l’occasion de cette rencontre internationale, il a présenté l’expérience du Cameroun à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Précisément, Enow Abrams Egbe a mis en lumière les acquis, les défis relevés et les enseignements tirés de cette importante élection, ainsi que les perspectives de modernisation du système électoral camerounais. Dans le cadre d’un entretien accordé à CT, il revient sur les enseignements de ces travaux et se projette sur les préparatifs des législatives et des municipales à venir.

 

« Nous sommes déjà pleinement mobilisés pour les législatives et les municipales »

Monsieur le président du Conseil électoral, vous avez récemment pris part à l’assemblée générale 2026 du Réseau des compétences électorales francophones (Recef) à Namur, en Belgique. Quel était l’objectif visé par ces travaux ? La rencontre de Namur s’inscrivait dans le cadre de la célébration des 15 années d’existence du Recef. Elle avait pour objectif principal de permettre aux organismes de gestion des élections de l’espace francophone de dresser le bilan des acquis de cette coopération et de réfléchir ensemble aux défis émergents auxquels sont confrontés les processus électoraux. Dans un contexte marqué par l’évolution des technologies, la montée de la désinformation, l’influence croissante de l’intelligence artificielle et les attentes toujours plus fortes des citoyens en matière de transparence et de crédibilité, il était important d’approfondir les échanges entre institutions électorales. Les travaux ont porté sur plusieurs thématiques majeures, notamment la fiabilité des listes électorales, l’utilisation des technologies biométriques, la gestion des risques électoraux, la communication institutionnelle, ainsi que la participation inclusive des différentes composantes de la société. Quels sont les acquis de ce rendez-vous international ? Cette rencontre a permis à Elecam de consolider son expertise et d'enrichir sa réflexion sur plusieurs enjeux stratégiques liés à l'organisation des élections. L'un des enseignements majeurs porte sur la promotion de la participation politique des femmes et leur représentation au sein des institutions élues ainsi que des organismes de gestion électorale. Les échanges ont permis de mettre en lumière les bonnes pratiques développées dans plusieurs pays et les mécanismes susceptibles de favoriser une plus grande inclusion, dans le respect des principes d'égalité et de parité. Les travaux ont également permis de renforcer la coopération entre les membres du Recef autour de questions essentielles telles que la gestion des risques électoraux, la résilience des systèmes électoraux, la prévention des violences basées sur le genre et la lutte contre toutes les formes de discrimination dans le processus électoral. Au-delà des aspects techniques, cette rencontre a surtout confirmé la pertinence du dialogue et de la coopération internationale pour accompagner l'évolution des systèmes électoraux et répondre efficacement aux attentes des citoyens. Pour Elecam, elle constitue une source supplémentaire d'inspiration et d'amélioration continue de nos pratiques. Elecam est souvent la cible de critiques de la part de certains acteurs politiques. Cet organe peut-il aussi avoir des choses à apprendre à des structures d’autres pays ? Le partage d'expériences repose sur un principe fondamental : chaque organisme électoral, quels que soient son contexte ou ses défis, possède une expérience susceptible d'enrichir la réflexion collective. Le Cameroun dispose d'une expérience électorale avérée, forgée au fil de plusieurs décennies d'organisation régulière d'élections pluralistes. Cette expérience a suscité un intérêt particulier lors du séminaire de Namur, où j'ai eu l'honneur de présenter le retour d'expérience du Cameroun relatif à l'élection présidentielle de 2025. À cette occasion, Elecam a partagé avec les autres membres du Recef plusieurs bonnes pratiques développées dans notre pays, notamment en matière de prise en compte du genre et d’inclusion des couches vulnérables, d’organisation des opérations électorales sur un territoire vaste et diversifié, de coordination des démembrements territoriaux, ainsi que de conduite des scrutins dans des contextes présentant parfois des contraintes logistiques et sécuritaires particulières. Les échanges ont également permis de mettre en lumière les efforts continus déployés par Elecam pour moderniser ses méthodes de travail, renforcer la proximité avec les électeurs et améliorer la qualité du service électoral offert aux citoyens. S’agissant des critiques, nous les considérons comme une expression normale de la vitalité démocratique. Le top management ainsi que l’ensemble du personnel d’El...

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