Formation des jeunes : nécessaire retour aux sources
- Par Georges Emmanuel TSAYID
- 29 Jun 2026 09:32
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Aujourd’hui, dans de nombreuses familles camerounaises dites « modernes et citadines », trouver un enfant qui parle couramment la langue maternelle de ses parents relève de l’exploit. Quand bien même les parents sont issus de la même ethnie, c’est le français ou l’anglais qui fait office de langue vernaculaire à la maison. La langue, les us et coutumes, les valeurs ancestrales sont jetées aux oubliettes, au profit de la culture occidentale. Elle est bien révolue, l’époque des contes et légendes, des devinettes autour du feu ou au clair de lune dans nos villages… Pourtant, il s’agissait là, de véritables moments de partage et de transmission intergénérationnelle de la sagesse ancestrale. Parce que chaque conte, chaque fable, chaque légende, chaque devinette, véhiculait une sagesse, un savoir- vivre. De nos jours, les jeunes s’esclaffent en regardant les tenues vestimentaires de leurs parents et grandsparents dans les albums photos souvenirs. Ainsi, de la cellule familiale au système éducatif, l’enfant se forme loin de ses racines culturelles et embrasse la nouvelle culture que lui imposent sa famille et le reste de la société. Une société dans laquelle les smartphones ont remplacé les contes et légendes, les jeux ancestraux tels que la balle à la sagaie, la toupille, les jouets faits maison avec de la moelle de bambou etc. Résultat des courses, l’on se retrouve avec une jeunesse presque totalement acculturée. Une situation qui entraîne la perte des repères identitaires et de potentiels conflits de valeurs avec la cellule familiale. Celai mène parfois à des difficultés d'apprentissage et, dans certains cas, suscite la marginalisation et peut aboutir à des comportements déviants ou de repli. Le jeune se retrouve tiraillé entre sa culture d'origine et la nouvelle culture, ce qui peut provoquer une désorientation sociopsychologique. Et lorsque le jeune retourne occasionnellement au village, il développe un mal-être, tout simplement parce qu’il ne se retrouve pas dans son entourage. Dans certains cas, le processus d’adaptation génère l’anxiété ou la dépression. Face à cette problématique, le retour aux sources se présente comme un impératif catégorique si nous ne voulons pas perdre ce qui fait notre identité : notre culture. Il est impératif de renforcer la valorisation de nos cultures en les mettant en avant, au détriment des moeurs étrangères sans toutefois rejeter totalement ces dernières. Cela permettrait d’inverser la courbe actuelle qui tend à capitaliser les moeurs importées tout en dévalorisant les nôtres. Fort heureusement, des initiatives visant à inciter les jeunes à opérer un retour aux sources se multiplient, tant au niveau des pouvoirs publics que des communautés locales. L’introduction de l’apprentissage des langues maternelles dans le système éducatif constitue un début de solution. Cette initiative contribue à la préservation de la riche diversité culturelle du pays qui compte près de 300 langues, en évitant la disparition des dialectes locaux. En valorisant les cultures locales dans les contenus éducatifs, les élèves et étudiants développent un sentiment d’appartenance qui renforce leur engagement académique. Ce programme fait cependant face à certains défis qu’il faudrait relever. Notamment, la formation des enseignants de langues locales, le choix de la langue rendu difficile dans les zones de grand brassage telles que Yaoundé et Douala, etc. Le programme « Vacances artistiques et culturelles » du Musée national s’inscrit dans la même logique de promotion de la culture en milieu jeunes. Ce programme initie les enfants aux arts tels que la poterie, le conte, le dessin, la peinture, etc. en lien avec les experts locaux pour renforcer leur attachement aux origines et consolider l'unité nationale. Des initiatives communautaires sont également implémentées dans l’ensemble du pays, surtout en période de vacances. C’est le cas du « Katé » dans la ville de Douala. Il s’agit d’une institution culturelle et d’un centre d'initiation dédié à la préservation et à la transmission des savoirs, langues et traditions du peuple Sawa. Le « Katé » se décline en plusieurs activités majeures telles que le « Festival Sawa youth », un rendez-vous annuel qui célèbre et promeut le retour des jeunes aux racines ancestrales ; les colonies de vacances avec des programmes éducatifs comme le « Matanga Ma boso » qui initie les enfants d’origines diverses, à la langue duala, aux contes, aux prove...
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