Ecoles, hôpitaux : pas de charrue avant les boeufs !

Les pouvoirs publics au Cameroun sont constamment soucieux d’améliorer durablement les conditions de vie des populations. Et aussi la transformation du territoire, en rapprochant notamment les services des administrés. Dans cette perspective, les offres dans les secteurs de l’éducation et de la santé, entre autres, sont régulièrement revues. Ainsi donc, le gouvernement veille à la création régulière de nouveaux établissements publics : écoles maternelles et primaires, lycées et collèges, institutions universitaires. Et à la transformation d’autres. Il en va de même pour la santé. Des hôpitaux de différentes catégories, divers niveaux d’unités géographiques et administratives du système de santé public voient le jour. Question de désengorger l’existant. Ce qui est du reste une excellente politique. Seulement, il y a un hic. Et c’est là où le bât blesse. En effet, dans la mise en oeuvre de la vision, il arrive que la charrue soit mise avant les boeufs. Concrètement, l’on crée une structure sur papier et sa matérialisation sur le terrain suit longtemps après. Ainsi, dans l’arrièrepays comme dans certaines petites bourgades, à seulement quelques pas de la capitale, on voit souvent prospérer d’étranges situations. Des établissements d’enseignement qui ne le sont que de nom. En général, les ressources humaines ne suivent pas toujours non plus. Parfois, un établissement à cycle complet ne dispose que d’un ou de deux maîtres, en dehors du directeur. Chacun de ces enseignants peut tenir deux à trois classes de niveaux différents. La situation est sensiblement la même en matière de santé. Des formations sanitaires publiques tournent au ralenti, quand elles ne ferment carrément pas, faute de ressources humaines et matérielles adéquates. Entre-temps, la carte scolaire nationale, ensemble des dispositifs définissant l’offre éducative sur le territoire, et le réseau de santé affichent des données encourageantes. Plus de 28 000 établissements d'enseignement confondus, dont 22 000 écoles environ dans l’enseignement maternel et primaire. Environ 4 500 établissements généraux et techniques dans l’enseignement secondaire. En 2025, le pays comptait aussi 200 districts de santé, 7 formations sanitaires de première catégorie, 13 de deuxième, 19 de troisième, et plus de 3 000 structures publiques de la 4ème à la 6ème catégorie. Ce maillage du territoire serait efficient si des déséquilibres critiques n’étaient pas observés entre les offres éducative, sanitaire et les capacités réelles. Selon certaines autorités, ces dysfonctionnements sont souvent provoqués par les interférences des élites. Bien placées dans l’appareil administratif étatique, certaines personnalités font pression pour la création d’écoles ou de structures de santé dans leurs localités. Dans le processus, l’analyse des priorités, quand elle existe, s’en trouve in...

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