Prévention routière : la technologie pour plus d’efficacité

R éputées dangereuses, les routes du Cameroun ont déjà donné à voir des images effroyables d’accidents de la circulation qui ont indigné et défrayé la chronique. Malgré les actions menées dans le cadre d’un programme dédié au ministère des Transports et qui ont permis de porter le taux de réduction des d’accidents à 34% en 2024 par rapport à 2020. La cible étant une réduction de 50% en 2025, la série macabre n’a pas encore livré son dernier épisode. Loin s’en faut. On n’oubliera pas de sitôt le choc frontal, d’une rare violence, entre deux camions dans la nuit du 9 au 10 juillet dernier sur l’axe Bidigué-Atok, route nationale numéro 10, département du Haut-Nyong, région de l’Est. Selon les témoignages recueillis par le reporter de CT, deux camions gros porteurs, lancés en sens opposés se sont violemment heurtés quand aucun des conducteurs n’a consenti à céder le passage au niveau d’une entrave sur une partie de la route. L’impact a été d’une brutalité telle qu’il a déclenché un incendie d’une ampleur considérable. Les flammes, attisées par la cargaison (huile), ont entièrement calciné les deux véhicules impliqués ainsi qu’un troisième camion immobilisé, en panne sur le bas-côté. D’ailleurs, c’est ce troisième camion avec plateau qui est à l’origine du drame. D’après le maire de la commune d’Atok, Yves Bak, joint au téléphone, ce poids lourd qui avait fait une sortie de route entravait une partie de la chaussée. L’obstacle gênait les automobilistes depuis au moins 48h jusqu’à ce que sur­ vienne la collision entre deux autres camions, raconte-t-il. À la question de savoir pourquoi le camion bloquant une partie de la route n’a pas été dégagé plus tôt par les autorités, le maire répond qu’on est dans une zone reculée, à environ 60 km d’Abong-Mbang. Il fallait, explique-t-il, « trouver un engin puissant pour déplacer le long plateau à un virage ac­ cidentogène où la route est en plus dégradée à cause des nombreux nids de poule, sans oublier les hautes herbes qui réduisent la visibilité parce que les travaux de cantonnage n’y ont pas été effectués ». Une mission impossible dans la mesure où il n’y a pas de grande dépanneuse dans la localité et ses environs. Ce qui devait donc arriver s’est produit, laissant deux morts sur le carreau, dont le chauffeur du camion en provenance de Bertoua, prisonnier de son poste de conduite, les membres inférieurs coincés sous le volant, qui n’a pu être extrait à temps. Il est mort, brûlé vif. Un mort de trop, même si le rapport de la situation globale des accidents au Cameroun, présenté par le ministre des Transports Jean Ernest Masséna Ngallè Bibehè en novembre 2025 à l’Assemblée nationale, indique que le Cameroun est passé de 3 525 accidents et 1 588 personnes tuées en 2011 à 1 781 accidents et 678 morts en 2024. Sans compter les don­ nées à date, qui traduisent une tendance à la baisse pour l’année 2025, a-t-il ajouté. Quoi qu’il en soit, le ministère des Transports pourrait acquérir et mettre à la disposition des unités de patrouille routière des dépanneuses puissantes, indispensables et essentielles pour dégager rapidement les routes encombrées par les voi­ tures accidentées ou en panne. Ces engins de remorquage poids lourds sont conçus pour gérer des opérations de dé­ pannage complexes, y compris les camions renversés et les collisions impliquant plusieurs véhicules. Un tel engin aurait pu servir à Atok. L’idée d’acquérir ces dépanneuses avait déjà fait son chemin. Il serait bon de la concrétiser sans délai. Bien plus, l...

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