« Cette initiative doit être renforcée par les autres acteurs du processus »

Pr. Claude Abe, socio- politiste, enseignant à l’Université catholique d’Afrique centrale.

À un mois et demi de la fin du pro­ cessus de révision des listes électo­ rales, Elections Cameroon (Elecam) vient de lancer une campagne spé­ ciale pour améliorer l’inscription des populations autochtones. Comment analysez-vous cette démarche ? Cette décision d'Elecam est très bien ve­ nue et appréciée à sa juste valeur. Elle symbolise une volonté d'étendre l'objec­ tif de construction d'une société inclu­ sive à l'électorat. Sur le plan politique, c'est une initiative de reconnaissance de la citoyenneté d'une catégorie sociale très souvent marginalisée. En le faisant, Elections Cameroon veut montrer qu'il s'intéresse à tous les Camerounais sans exclusive. Elecam prolonge alors, à tra­ vers cette action, les campagnes d'éta­ blissement d'actes de naissance et de cartes nationales d'identité qui sont sou­ vent organisées. L'incidence de ce choix, c'est d'envoyer un message aux hési­ tants pour aller s'inscrire sur les listes électorales. Pensez-vous qu’une initiative comme celle-là peut permettre de renforcer l’intérêt des populations autochtones pour la chose poli­ tique ? L’objectif recherché par cette campagne est d’amener les peuples autochtones à se sentir concernés par les opérations électorales. Il s’agit de les inscrire dans le jeu électoral. Cette initiative d’Elecam peut en effet provoquer le basculement de ceux des membres des peuples au­ tochtones jusqu’ici indifférents à la chose politique. Mais il en faut plus, car Elecam ne peut y arriver tout seul. Il faut que son initiative soit renforcée par les acteurs de la scène politique que sont les partis politiques et les organisations de la société civile. En plus, il faut avoir au pr&eac...

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