Axe Yaoundé-Douala : vivement la solution durable

C’ est le cordon ombilical de notre économie. La colonne vertébrale qui relie la capitale politique au poumon économique du pays. Pourtant, parcourir la nationale N°3 entre Yaoundé et Douala relève aujourd'hui plus du parcours du combattant que d'un simple trajet routier. Nid-de-poule, chaussée instable... Il faut pratiquement 7h pour parcourir les 240 km qui séparent les deux métropoles. Le constat est amer et sans appel : la route Douala-Yaoundé est dans un état qui contraste avec le volume du trafic. Les portions comme Boumnyebel - Mbankomo restent particulièrement difficiles et s'usent rapide­ ment sous la pression des gros porteurs. Face aux difficultés des usagers et à l'usure préma­ turée des véhicules, la ré­ ponse a trop souvent été la même : des actions de réha­ bilitation d'urgence. Cette op­ tion semble coûter cher aux contribuables et ne règle pas le problème sur le fond. D'après les experts, les diagnostics techniques et fonctionnels mettent en évidence une dégradation avancée de la chaussée et des ouvrages d’assainis­ sement, ainsi que des insuffisances en matière de sécurité routière : visibilité limitée, gestion incomplète des points noirs et cohabitation difficile entre usagers motorisés et non motorisés. À ces contraintes s’ajoute une vulnérabilité accrue aux aléas climatiques — pluies intenses, inondations, phénomènes d’érosion — ainsi qu’un niveau élevé de risques d’accidents affectant usagers et popula­ tions riveraines. Mise en service au milieu des années 1980 avec une vitesse de référence de 80 km/h, la RN3 supporte aujourd’hui un trafic particulièrement intense, com­ posé à près de 40 % de poids lourds. Cette configu­ ration accélère la dégradation de la chaussée et pèse sur la performance logistique nationale. C’est l'une des causes du mal ; un trafic surdimensionné. Conçue pour un flux d'une autre époque, la route supporte aujourd'hui un trafic poids lourd colossal, porté par le transit des marchandises du Port auto­ nome de Douala vers l'intérieur du pays et la sous- région. Par ailleurs, on note le sous-dimensionnement technique. La structure même de la chaussée actuelle n'est plus adaptée à la charge à l'essieu des semi- remorques qui l'empruntent jour et nuit. Face à ces défis et contraintes, il ne s'agit plus de savoir quand la prochaine équipe d'entretien colmatera les brèches, mais comment bâtir une infrastructure capable de résister aux défis des trente prochaines années. Trouver une solution durable impose des choix et des investissements ciblés. Il est par exemple question de repenser la structure de la chaussée. L'heure est au traitement en profondeur. Il faut op...

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