Affaire Martinez Zogo: Le colonel Otoulou face à la défense

Le 34e témoin a été longuement interrogé par les avocats des accusés hier au Tribunal militaire de Yaoundé.

Ce mardi à 12h45, le Tribunal militaire a ouvert la cross-examination (contre- interrogatoire) de la défense face au colonel Jean-Pierre Otoulou, 34e té- moin dans le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Après la partie civile lundi, le co-directeur de l’enquête s’est retrouvé face aux conseils des accusés. Me Jacques Mbuny, avocat du lieutenant-colonel Justin Danwe, a ouvert les débats. Il est revenu sur la découverte du corps. « Le lieu où la victime a été maltraitée était à une dizaine de mètres de l’en- droit où le corps a été trouvé», a dé- claré le témoin. Il décrit une «carrière de latérite avec de la poudre.» Sur les traces de torture : « Il y avait des vê- tements, des traces de poudre, des cordes...». Pour la défense, la scène aurait pu être maquillée pour incrimi- ner le directeur des opérations de la DGRE. Le colonel a tranché : « Non. La scène de crime n’a pas été maquillée. Il y a des empreintes exploitables et non exploitables. Il y a des indices et nous les avons trouvés là. » La défense a ensuite attaqué la pro- cédure. Me Seri Sekou, conseil de Léopold Maxime Eko Eko, a dénoncé des perquisitions sans mandat et des PV rédigés « après coup ». Il a notam- ment évoqué l’interpellation de Jean Pierre Amougou Belinga, avec « une centaine d’hommes en tenue » à son domicile. « N’était-ce pas un moyen de l’humilier ? Avait-il posé un acte de dangerosité ? », a-t-il demandé. Ré- ponse du colonel : « Quand il y a une mission, je suis le seul juge des moyens que je déploie. » Pour l’avo- cat, le témoin « n’a pas enquêté »...

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