Conséquences: Quand ça vire au drame

Blessures aggravées, membres amputés, séquelles irréversibles ont souvent resulté des interventions réalisées par des non professionnels et hors des structures sanitaires agréées.

A ssise sous sa véranda au quar­ tier Oyomabang à Yaoundé lieu- dit camp sonel, Mama Majolie T., sexagénaire, porte encore les sé­ quelles d’une prise en charge loin des circuits sanitaires formels. En 2024, après un accident de moto, elle n’est pas conduite à l’hôpital. Sur les conseils de son entourage, elle se tourne vers un « docta du quartier », présenté comme capable de soulager sa douleur à la jambe gauche. Mais son état se dégrade après une intervention. « Il m’avait injecté un produit et après, la situation s’est aggravée. Quand je suis arrivée à l’hôpital, les médecins ont été obligés d’amputer mon pied », témoigne-t-elle, les larmes aux yeux. Cette situation n’est pas un cas isolé. Au quartier Mendong, Xavier M., fonc­ tionnaire de 40 ans, victime d’une fracture après une chute, décide éga­ lement de consulter un praticien de proximité. Celui-ci tente de remettre l’os en place, sans radiographie ni matériel adapté. Quelques jours plus tard, son bras enfle, avec de fortes douleurs. Il est conduit dans un éta­ blissement hospitalier, où le diagnostic révèle une fracture compliquée asso­ ciée à une infection sévère. Il doit subir une intervention chirurgicale, et a passé une longue période d’hos­ pitalisation. Au-delà des conséquences physiques, ces pratiques peuvent également en­ traîner un impact financier important. Au quartier Nsimeyong, Emilienne M., enseignante, consulte pour un simple mal de dents auprès d’un « docta ». Après un traitement qui reste sans effet, son état se détériore. Les exa­ mens réalisés dans une formation sa­ nitaire de la place révèlent une im­ portante...

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