La santé n’est pas un jeu

La santé n’est pas un bien qu’on marchande au coin de la rue. Elle ne se livre pas dans un sachet plastique, et s’obtient encore moins dans un salon transformé en « cabinet ». Pourtant, chaque jour, de nombreux Came­ rounais choisissent de placer leur confiance entre les mains de médecins clandestins. Cette pratique a un visage : celui du vendeur de médica­ ments sans diplôme, du « docteur » de fortune sans qualification et sans plateau technique, de l’usurpateur qui promet de guérir son interlocuteur en 24 heures. Elle a aussi des arguments : c’est moins cher, c’est plus proche, il n’y a pas d’attente. Mais derrière ces faux avantages se cachent tous les risques possibles, parmi lesquels, le plus élevé et irréversible : la mort. Aller chez un pseudo-médecin, c’est accepter un semblant de diagnostic sans examen. C’est prendre des médicaments sans posologie ni traçabilité. C’est se faire opérer sans bloc stérile ni réanimation. En cas de complication, il n’y a ni responsabilité, ni dossier, ni recours. On peut mourir dans le silence. Alors pourquoi y va-t-on encore ? Par ignorance, par précarité, par peur de l’hôpital. Ces raisons, dans un contexte de difficultés financières et de désar­ mement face à des ordonnances et des factures colossales qui s’accumulent au cours d’une hospitalisation dans un hôpital classique, peuvent se comprendre. Mais il faut garder à l’es...

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