Danse traditionnelle: Chantal Ayissi transmet

Trois jours d’apprentissage ont réuni près de soixante jeunes à Yaoundé du 3 au 5 août dernier autour de l’artiste musicienne danseuse pour redonner souffle et discipline aux pas hérités.

L a concession de la famille Ayissi à quelques encablures des Boissons du Cameroun à Yaoundé a pris des allures d'une école de danse en plein air du lundi 3 au mercredi 5 août dernier. C’était à l'occasion d’un stage intensif de danse traditionnelle animé par l’artiste musicienne danseuse, Chan­ tal Ayissi. Sous un ciel généreux, une soixantaine de jeunes danseurs se sont réunis en cercle, tous vêtus de noir des pieds à la tête. Au centre, l'enseignante des trois jours, es­ quissait les pas que les apprentis reprenaient avec application. Deux instruments ont rythmé les journées : le nkul (tambour de bois à fente propre de l'aire culturelle Fang beti) et le tamtam, dont les frappes al­ ternent avec des extraits de la mu­ sique Bitkusi. Le noir n'est pas un simple choix esthétique. Chantal Ayissi l'explique par un attachement intime. « Ce que je fais, c'est à la mémoire de ma mère, parce que la danse vient du côté de ma mère », a-t-elle fait savoir. Porter cette cou­ leur faisait partie des conditions imposées à tout participant. L’artiste chanteuse et danseuse as­ sistée de son frère Ayissi Leduc, ar­ tiste musicien, a voulu combler un manque qu'elle a observé chez la jeunesse camerounaise. « Je vois que la jeune génération a beaucoup perdu par rapport à nous. Les jeunes n'ont pas de base », a-t-elle confié. Les participants ont travaillé la pos­ ture, des plantes des pieds jusqu'aux hanches, avant d'apprendre à mul­ tiplier un mouvement pour le rendre spectaculaire. Parmi les ...

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