Commerce des tableaux d’art: La rue, galerie à ciel ouvert

Peintures, photographies imprimées et œuvres en relief trouvent preneurs au bord de la route, où les artistes et vendeurs transforment les trottoirs en site d’exposition.

C et espace est devenu une identité remarquable pour les habitués du quartier Mvog- Atangana Mballa, dans l’arrondisse­ ment de Yaoundé IV. Accrochés à un mur les uns à côté des autres, des tableaux donnent à ce coin de rue situé non loin du lieu-dit « École de musique », des airs de galerie à ciel ouvert. Des animaux, des scènes de vie, des objets et des personnages tirés d’œuvres de fiction s’y cô­ toient, offrant un spectacle visuel attrayant. Derrière ces toiles, Anaëlle Ngono a trouvé son gagne- pain. Installée depuis quelques mois avec son frère, artiste peintre, elle observe les passants à la recherche de potentiels acheteurs. « Les ta­ bleaux coûtent entre 2 500 et 50 000 F. Le prix varie selon la dimen­ sion de la toile, la qualité du cadre et la technique utilisée. Les œuvres peintes à la main sont plus coû­ teuses que les photographies impri­ mées sur toile », explique-t-elle. Elle assure la vente tandis que son frère s’occupe de la conception et de la réalisation. En face de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), Enoc Kaele a lui aussi choisi le bord de route comme espace d’exposition. Vêtu d’un pull à capuche, cet artiste peintre de formation slalome entre les véhicules pour présenter ses créations aux automobilistes et aux passants. Depuis trois ans et demi, il réalise lui-même ses œuvres, du ca­ dre aux finitions. Ses tableaux sont proposés à partir de 5 000 F, selon les détails et les couleurs. La concep­ tion d’une pièce lui coûte environ 5 000 F, parfois moins. Une bonne vente peut lui rapporter jusqu’à 25 000 F de bénéfice. Mais les recettes restent irrégulières, et il est souvent confronté aux intemp&eacu...

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