Déguerpissement du marché d’Étoudi: Le revers de la résistance

Certains vendeurs continuent d’exercer leurs activités, même si leurs recettes journalières ont considérablement diminué.

I ci, il faut être prêt à détaler à tout moment. En bordure de route, les denrées alimentaires sont ex­ posées sur des sacs, entassées dans des brouettes ou proposées à la clientèle par des commerçants en mouvement. À chaque apparition d’un agent de la Communauté ur­ baine, chacun cherche à mettre ses marchandises à l’abri. Isaac Noah, vendeur de riz depuis 10 ans, ex­ plique qu’il vit cette situation depuis le mois de mai. « Avant le déguer­ pissement, j’exposais ma marchan­ dise dans des sacs. Aujourd’hui, c’est presque impossible. C’est pour cela que je la transporte dans une brouette, plus facile à déplacer lorsqu’ils arrivent », confie-t-il. Les revenus ont également été affectés. Jacqueline Téné, vendeuse de to­ mates, a installé son étal à proximité d’une boutique de prêt-à-porter. Elle explique qu’avant l’opération de dé­ guerpissement, un cageot de to­ mates acheté à 4 000 F lui permet­ tait de réaliser entre 2 500 et 3 000 F de bénéfices en vendant les tas à 500 F. Désormais, elle peine à atteindre ce niveau de recettes en raison de la baisse de la clientèle. « Aujourd’hui, je gagne entre 1 500 et 2 000 F », déplore-t-elle. À quelques mètres de là, Marie Evina, la main posée sur la joue, semble accablée par les consé­ quences de cette situation. Ses tas de manioc, exposés à même le sol, ont été bousculés et certains écrasés par un véhicule que des agents ten­ taient de faire stationner. &l...

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