Fabrication et vente de pavés: Une affaire en dur

Ces blocs de béton destinés à revêtir les cours et les trottoirs se vendent au mètre carré, entre 3000 et 7000 F.

A ssis sur un tas de gravats, deux hommes en habits de chantier s’appliquent à briser de vieux pavés. Dans la chaleur de la mi-journée ce samedi 8 août 2026, le vacarme continu d’une bé­ tonnière à essence couvre le son de leurs voix. Quelques mètres plus loin, trois autres ouvriers remplissent de béton frais, des moules en fer enduits d’huile de moteur. Ils ont le visage recouvert par une fine pous­ sière grise, et leurs mouvements sont coordonnés. Autour d’eux, les piles de pavés entassés pêle-mêle témoignent de l’activité intense qui se développe. Pavés en V, en I, en T, hexagonaux, circulaires ou en 8; il y en a pour tous les goûts. Coloré ou orné de motif, chacun est destiné à un usage ou une esthétique dif­ férente. La scène se déroule au lieu- dit Montée Unicasty, dans l’arron­ dissement de Yaoundé 3. Ici, le pavé fait la loi. « Le pavé est vendu au mètre carré, mais le prix n’est pas fixe. Il dépend des dimensions, de la couleur, et du modèle demandés par le client. Un client peut venir avec 5 000 F, un autre avec 4 000 F. Si nous pouvons réaliser la com­ mande tout en gardant notre marge bénéficiaire, nous le faisons. », ex­ plique "Chief" Chidi, employé dans la fabrique. Le temps de fabrication, lui, dépend du nombre de moules disponibles, de leur forme et surtout du soleil, indispensable au séchage avant démoulage. Sans lui, la pro­ duction s’étire sur deux à trois jours, parfois une semaine. Dans le même arrondissement, au quartier Nsimeyong, lieu-dit « tom­ beaux terre rouge», Séraphin Messi a opté pour une autre approche. En plus des pavés, sa fabrique propose des parpaings, des hourdis, des pi­...

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