« Une approche intégrée est plus efficace »
- Par Yvan BOUNOUNG
- 19 Aug 2026 09:59
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Pr. Frank Ebogo, directeur du Laboratoire d’analyses des dynamiques internationales et géopolitiques, Université de Yaoundé II.
En matière de désarmement et de dé mobilisation, comment analysez-vous l’implication des acteurs non-étatiques tels que la société civile, les leaders d’opinion, etc. ? L’implication des acteurs est déterminante pour la réussite d’un tel processus. Pre mièrement, le rôle de la société civile ca merounaise est prépondérant dans la conduite des opérations de DDR. Sur le terrain, celles-ci assurent la sensibilisation auprès des populations locales, à travers des radios communautaires et des cam pagnes de proximité. Deuxièmement, les organisations de la société civile participent directement à la prise en charge des ex- combattants. Ce sont des médiateurs clés pour obtenir des redditions et des défec tions au sein des groupes armés. L’expé rience vécue dans les centres de DDR de Buea, Bamenda et Mora montrent que les ONG offrent un accompagnement psycho social aux démobilisés. Troisièmement, les chefs traditionnels, au-delà de leur rôle d’auxiliaire de l’administration, assurent généralement une fonction médiatrice dans la société. Enfin, il y a les organismes internationaux. Le Cameroun dépend for tement des financements qu’apportent ces autres acteurs qui contribuent à plus de 80% au budget annuel du DDR. Dans certains pays voisins, le faible niveau de financement de ces opérations s’est soldé par l’échec du processus. Certains ex-dé mobilisés ont finalement regagné les groupes armés, faute d’opportunités de reconversion sociale. En quoi est-il important d’avoir une ap proche intégrante dans le processus de désarmement et de démobilisation ? Les standards internationaux l’imposent. L’expérience a montré que les politiques de sortie de crise qui ont abouti doivent intégrer un large spectre d’acteurs diffé rents mais complémentaires. La première raison pour laquelle il est important de re courir à une approche intégrée repose sur le risque de récidive. Un désarmement mené dans la précipitation, sans véritable mobilisation de tous les segments de la société, est voué à l’échec. Un ex-combat tant qui dépose les armes, mais qui reste désœuvré, sans emploi ni formation, n’aura d’autres choix que de retourner dans les groupes armés pour survivre. La deuxième raison est d’ordre social. Le DDR ne concerne pas seulement l’individu. En effet, par rap port aux sociétés occidentales, la commu nauté occupe une grande place dans la vie de l’individu. C’est elle qui lui donne une identité, une raison d’être. Par consé quent, une approche non intégrante, qui ne s’occupe guère que de l’ex-combattant, peut générer une fracture sociale. D’un c&oci...
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