« Le Cameroun a les réserves, il lui manque l'usine »

Robert Mouthe Ambassa, expert pétrole.

Par où faut-il commencer pour que le Cameroun devienne autonome en gaz domestique ? Il faut d'abord rappeler une chose : le Ca­ meroun n'a pas de problème de réserves. Plus de 6 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel dorment sous nos pieds, de quoi tenir des décennies. Ce qui manque, c'est l'outil industriel capable de transformer ce gaz brut en bouteilles utilisables à la maison. La nouvelle usine PROGAZ, à Douala, fabrique désormais les bouteilles localement, ce qui est une avancée, mais tant que le contenu vient toujours de l'étranger, le problème de fond reste entier. La première piste, la plus fondamentale, c'est donc de construire une vraie usine de production de gaz domestique au Ca­ meroun. Une usine de production à l'échelle du pays, est-ce un projet réaliste financiè­ rement ? C'est même l'argument le plus convaincant en sa faveur. Une usine capable de produire 200 000 tonnes de gaz domestique par an, soit le double de notre consommation nationale, coûterait moins de 200 milliards de F. Or l'État dépense déjà environ 50 milliards de F chaque année rien qu'en subventions. Autrement dit, en quatre ans à peine, cette usine serait remboursée. Au-delà de la production, quelles sont les autres pistes à activer ? Il faut augmenter nos capacités de stockage, pour disposer d'une vraie réserve de sécu­ rité. Aujourd'hui, la capacité à Douala est très limitée, à peine 3 500 tonnes. Sans stock suffisant, le moindre incident de paiement ou de cargaison se répercute im­ médiatement sur les familles. Il faut répartir l'approvisionnement entre plusieurs opé­ rateurs dans chaque région, pour qu'une seule entreprise ne puisse plus, à elle seule, mettre le pays en pénurie. U...

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