Obsèques : le culte de l’apparence
- Par Jeanine FANKAM
- 11 Sep 2026 18:11
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L es grandes dépenses pour les deuils ! On s’y habitue de plus en plus. A longueur d’année, week-end après week-end, les scènes se dé roulent. Les obsèques sont devenues comme des spectacles, au village comme en ville. Laissons le cercueil, le linceul et les autres gadgets importés alors que la personne a vécu et terminé sa vie dans un dénuement qui contraste avec l’opulence de sa progéniture ou des siens. Laissons même les pleureuses professionnelles louées à l’occasion, à grands frais qui confirment que le ou la défunt(e) était seules au milieu de ses enfants ou de la mul titude. Laissons les gigantesques banquets et leurs couverts en or ou en argent pour honorer quelqu’un qui n’a presque jamais eu le privilège de cette sol licitude… Une mère décédée dans la deuxième moitié du mois d’août dernier dans un hôpital de référence à Yaoundé va bientôt s’entourer de ce genre d’at tention. Deux mois de maladie dont plusieurs semaines d’agonie. Aucun de ses six enfants dont cinq à l’étranger, n’a trouvé du temps pour venir à son chevet. Les enfants envoyaient de l’argent pour les factures, mais très peu prenaient des nouvelles au lever du jour ou au coucher du soleil sur l’évolution de l’état de leur mère. Aucun des cinq n’a fait le voyage pour l’accompagner dans ses derniers moments. Depuis son décès, les perspectives du « grand deuil » se dessinent. Il a été instruit que le corps soit déposé dans le meilleur compartiment à la morgue. Ce cas est juste un cliché parmi tant d’au tres. Qu’aurait souhaité la défunte : peut-être sim plement mourir dans les bras d’au moins un de ses enfants ou avoir des obsèques grandioses ? Les obsèques dispendieuses continueront de se succéder. Dans plusieurs cas, on commande des fleurs alors que le défunt, n’a jamais eu l’occasion, durant sa vie terrestre, d’en bénéficier. Non pas que les occasions ont manqué. Comme cette maman qui attend une inhumation VIP, beaucoup meurent seuls abandonnés par les leurs. Le cas que nous citons en exemple n’est pas le plus pathétique. On a vu de brillants ingénieurs, riches avocats, célèbres enseignants, illustres médecins, etc. offrir des en terrements mémorables à leurs parents morts dans le dénuement total ou sans soins. Puis, quand la mort survient, la famille fait étalage de sa fortune. Dans certains cas, on trouve le détail qui fait la différence : construire une somptueuse villa pour le défunt et commander les pagnes à son effigie. A quoi sert-il d’investir tant de millions pour quelqu’un qui ne verra et n’entendra plus jamais ? La réponse est simple : ces dépenses somptuaires ne visent qu’à sauver les apparences vis-à-vis de la société et entretenir l’illusion de soulager une conscience trouble. Une pure hypocrisie qui dissimule mal la honte. La force et l'union de la famille lors des enterrements n’ont rien à voir avec des exhibitions qui cachent la peur du jugement et des critiques. Un dicton po pulaire ne dit-il pas qu’il vaut mieux offrir des fleurs de son vivant que de dresser des couronnes de regrets sur une tombe. Célébrer l...
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