Des revendications corporatistes… au fédéralisme

Axées au départ sur des aspects corporatistes, les revendications des avocats et enseignants ont dérivé sur des actes de vandalisme et des tentatives de déstabilisation de l’Etat.

Des images choquantes présentant l’élève Bakop Thérèse les vertèbres complètement cassées  lors d’une attaque de son école à Limbe au Sud-Ouest par des instigateurs de l’opération  « villes mortes » ont fait le buzz sur les réseaux sociaux. Le 16 janvier 2017 alors qu’elle et ses camarades étaient en cours, ils ont été violemment sortis de leur salle de classe par une « milice » d’enseignants partisans des « villes mortes ». La chute dont elle a été victime suite à cette violente bousculade lui  a causé la rupture de 3 vertèbres, entrainant des complications respiratoire et cardiaque. C’est grâce à la promptitude et à la dextérité du personnel soignant de l’hôpital Laquintinie de Douala qu’elle a eu la vie sauve.  Au plus fort de la crise qui a secoué les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, plusieurs cas de violence et de vandalisme ont été enregistrés dans les établissements scolaires et universitaires ainsi que sur les édifices publics et privés par des individus mus par des desseins funestes et pernicieux. Des agressions physiques ont été exercées sur des  élèves victimes d'une campagne d'intimidation menée par des individus non identifiés pour empêcher la reprise des cours et entretenir un climat de peur au sein de la population. Dans le cadre de cette campagne, des tracts ont circulé  appelant les habitants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au respect d'une opération « villes mortes ».
A l’origine, une grève des enseignants et avocats  anglophones pour protester contre ce qu’ils qualifient de marginalisation et de domination des systèmes éducatif et juridique anglophone par le système francophone. Alors que les pouvoirs publics, après avoir reconnu la pertinence de ces revendications, cherchaient à prendre des mesures pour les adresser, voilà que le mouvement dérive sur des revendications politiques. Désormais, la forme de l’Etat unitaire est remise en cause avec le fédéralisme qui figure dans les revendications des plus modérés, la sécession pour les extrémistes.  Des émeutes sont  organisées et prennent pour cibles plusieurs édifices publics et privés. A Bamenda, épicentre  de ce soulèvement quasi-insurrectionnel, une manifestation est organisée le 08 décembre 2016 pour empêcher un meeting du Rdpc. Des militants de ce parti sont violentés et les manifestants s’attaquent aux symboles de la puissance publique en mettant le feu au commissariat de sécurité publique du 3e arrondissement de Bamenda. Dans la nuit du 3 au 4 mars 2017, un incendie est perpétré à la  faculté de médecine de l’université de Bamenda par des personnes encore non identifiées, en représailles aux étudiants et encadreurs de la faculté qui ont décidé de reprendre les cours, conformément à l’appel lancé par les pouvoirs publics. Mi-mars, 200 boutiques du marché des vivres de Bamenda sont réduites en cendres par un incendie d’origine criminelle. Ces incendies surviennent après ceux de plusieurs établissements scolaires de cette région.
Manœuvres de déstabilisation
Au Sud-Ouest, la furie des protestataires pyromanes n’a pas épargné les édifices et autres lieux publics. Dans la nuit du 30 au 31 mars 2017, le  Limbe Old Market est ravagé par un incendie d’origine mystérieuse. Bien avant cet incendie, ce sont plusieurs boutiques du  marché de Buea qui sont parties en fumée le 31 mars 2017. Dans la nuit du 22 au 23 février 2017, des assaillants non identifiés prennent d’assaut le lycée bilingue de Mutengene qu’ils vandalisent avant d’aller attaquer le  commissariat de la même ville.
La suite de cet agenda caché s’est muée en un mélange  de messages, actes et manifestations hostiles aux autorités étatiques et à la patrie. Les images du drapeau camerounais incendié font le tour de la toile. En lieu et place, le drapeau d’une république imaginaire appelée Ambazonie est brandi.
Dans cette spirale d’actes de vandalisme et de manœuvres visant la déstabilisation des institutions, le gouvernement a pris des mesures conservatoires notamment la coupure de la connexion Internet dans les deux régions. Cet instrument de communication a été abondamment utilisé surtout par certains membres de la diaspora camerounaise pour diffuser de fausses informations et des messages hostiles au pouvoir en place, appelant à la guerre civile, à la « révolution » et à la « résistance collective ». Dans la même veine, le gouvernement a interdit le Consortium de la société civile anglophone (CACSC), chef de file de la contestation, et le Southern Cameroon National Council (SCNC), mouvement sécessionniste réclamant l’indépendance de la partie anglophone.
 

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