Revendications des avocats et enseignants anglophones: les voies de l’apaisement

Dans la perspective de l’installation prochaine de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM), Cameroon Tribune revient sur la situation socio-politique vécue dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis le mois d’octobre. Une situation qui est en voie de normalisation grâce au dialogue et aux mesures prescrites par le chef de l’Etat.

Tout commence à la mi-octobre 2016, lorsque certains avocats anglophones descendent dans les rues des ressorts des Cours d’appel du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ils expriment un certain nombre de revendications relatives au fonctionnement du système judiciaire camerounais. Au rang de celles-ci, ils indiquent que le droit OHADA n’existe pas en version anglaise ; que les principes de la Common law ne sont pas pris en compte, ni dans l’élaboration en cours de certains textes camerounais (Code civil et Code de procédure civile et commerciale bilingues) ni dans le fonctionnement du service public de la Justice. Pour les manifestants, de nombreux magistrats de culture francophone affectés dans les ressorts judiciaires du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ne s’expriment pas convenablement en anglais, qui est la langue la plus utilisée dans ces deux ressorts judiciaires, et ne maîtrisent pas les principes de la Common Law qui y sont encore applicables. Les revendications des avocats sont adressées au président de la République qui, conformément à la Constitution, et comme l’a rappelé le ministre d’Etat, ministre de la Justice Garde des sceaux, Laurent Esso, lors de sa rencontre avec la presse le 30 mars dernier, « assure par son arbitrage, le fonctionnement régulier des services publics ». A la suite de cette saisine, le chef de l’Etat instruit donc le Garde des sceaux d’indiquer à l’opinion publique ces préoccupations et les solutions préconisées par le gouvernement pour y faire face. Ce que fait le ministre d’Etat Laurent Esso, le 30 mars 2017.
Les hommes en robe sont suivis dans leur mouvement en novembre par les syndicats des enseignants du sous-système éducatif anglophone. Une vingtaine de revendications sont alors formulées. Parmi les plus en vue, ils évoquent « l’absence de filières de formation des enseignants bilingues dans les matières scientifiques et techniques ». On peut également signaler « le déploiement d'enseignants francophones dans des écoles anglophones ». Ici, comme chez les avocats, des mesures d’urgence seront prescrites par le président de la République, en vue de permettre aux élèves et étudiants des écoles et universités des régions concernées de poursuivre sereinement leurs études. Des mesures qui s’étendent par ailleurs à l’ensemble du système éducatif camerounais. Ce qui n’a pourtant pas empêché lesdits syndicats de lancer un mot d’ordre de grève des cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. D’autres revendications par contre n’ont aucun lien avec l’éducation. Ce qui amènera d’ailleurs leurs auteurs à bouder les négociations prescrites par le président de la République et conduites sur le terrain par le Comité interministériel ad hoc présidé par le Pr. Ghogomu Paul Mingo, directeur de cabinet du Premier ministre, chef du gouvernement. Outre le dialogue engagé avec les divers protagonistes, le 23 janvier 2017, le président de la République a créé la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM) dont les quinze membres ont été nommés par ses soins le 15 mars dernier. Ceux-ci s’apprêtent à se mettre au travail avec leur prise de fonction officielle. D’autres mesures de sortie de crise ont été annoncées depuis lors par le gouvernement tant en ce qui concerne les avocats que les enseignants, sur instructions du président de la République. L’heure est résolument à leur implémentation et à l’apaisement.
 

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