Des intérêts à défendre

La Corée du Sud et l’Afrique ont fait de l'intelligence artificielle (IA) le nouveau pilier de leur coopération économique à l'occasion du 20e anniversaire de la Coo­ pération économique. L’IA, c’est l’innova­ tion numérique de l’heure. Les jeunes en sont accros. Former des talents dans ce domaine, c’est prendre des dispositions pour leur permettre d’être à la pointe de cette technologie. L’idée évoquée de la création d’un hub d’IA en Afrique pour centraliser les ressources et mutualiser les expertises techniques est géniale. Comme l’adage le dit si bien : « Entre Etats, il n’y a que les intérêts ». A ce sujet, le continent doit aller au-delà des inten­ tions joliment exprimées pour défendre ses… dividendes : sa souveraineté tech­ nologique d’abord, puis sa position de partenaire, c’est-à-dire de coproducteur de valeur. Certes, le modèle coréen est inspirant, mais le risque n’est pas nul. L’Afrique doit veiller à ce que la main tendue par la Co­ rée du Sud ne se transforme pas en une sorte de dépendance ou de « colonisation numérique ». Pour cela, elle doit activer des leviers stratégiques majeurs. Des ex­ perts soulignent que l’IA s’alimente de données et préviennent que si l'Afrique laisse ses données de santé, d'agriculture ou de finance être stockées et traitées à l'étranger, elle perd sa richesse immaté­ rielle. Les mêmes experts proposent que le continent évite de mettre la charrue avant les bœufs. Ils font notamment ré­ férence au cadre juridique encore plus ou moins « vide ». D’où la nécessité d’accé­ lérer la mise en place de la réglementa­ tion sur la protection ...

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