Bureau d'emploi municipal : les conditions de la réussite

U ne nouvelle initiative visant à réduire le chô­ mage des jeunes est en phase d'implémenta­ tion dans les communes du pays. Le Bureau d'emploi municipal, il faut s'y habituer désormais, vient enrichir le champ lexical de la décentralisation et du développement local. Un nouveau concept riche de promesses et d'opportunités pour nos jeunes et nos terroirs appelés à devenir des viviers d'emplois. Les premières expériences font état de ce que les régions du Sud (avec quatre communes pionnières) et de l'Extrême-Nord (trois municipalités enrôlées) ont pris le taureau par les cornes. Les missions assi­ gnées à ces nouvelles plateformes de l'insertion professionnelle sont claires et formelles. Elles doivent servir de trait d'union, sous la coupole des autorités municipales concernées, entre les compétences des jeunes et les opportunités qu'offrent les économies locales. Il faut d'emblée souligner que le Bureau d'emploi municipal, nouvelle trouvaille du gouvernement, est une très bonne nouvelle pour la jeunesse. Elle marque le changement de logiciel dans la gestion du chômage des jeunes à travers le pays, en replaçant les communes au cœur du dispositif. C'est une ap­ proche de valorisation de l'économie locale, du moins sur le principe, c'est clair, c'est irréprochable. C'est salutaire. Il est évident que le jeune chômeur de Mokolo, dans le Mayo-Tsanaga, ne trouvera pas facilement de solution à son problème dans les ministères compétents basés à Yaoundé (il n'a pas les moyens d'effectuer le voyage au siège des institutions), mais bien dans la mairie de Mokolo proche de lui ; là où l'on connaît son nom, sa compé­ tence et son village. Il a plus de chances d'être écouté et embauché. En fait, le Bureau d'emploi municipal n'est pas une trouvaille camerounaise. Il a fait ses preuves sous d'autres cieux, en permettant à des milliers de jeunes de trouver des emplois décents et en contribuant de manière significative à la croissance locale et na­ tionale. Il est évident que les 360 communes du pays ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Les potentialités économiques sont variables d'une commune à l'autre. Les maires ne devraient pas s'ar­ rêter au principe général de la nouvelle vision. Ils devraient développer des méthodes spécifiques épousant les contours des réalités locales. Et surtout, tirer les leçons des expériences antérieures. Car, ce n'est pas la première initiative du genre. Que sont devenus les projets tels que le Pajer-U, le Pifmas ? Comment les Bureaux d'emploi vont fonc­ tionner aux côtés des structures telles que les Centres multifonctionnels de promotion des jeunes ou les antennes régionales du Fonds national de l'Emploi ? Les champs de compétences sont-ils bien délimités ? Seront-ils imbriqués sur le terrain ? On sait à chaque fois qu'on lance une nouvelle initiative, on observe un engouement au démarrage des acti­ vités. Les mêmes affiches sont collées au niveau des hôtels de ville. On retrouve les mêmes registres d'inscription. Et au final, les mêmes jeunes qui at­ tendent toujours, très souvent, sans être appelés. À trop multiplier les guichets sans jamais créer l'emploi, on court le risque de fabriquer de la désillusion chez les jeunes. L'on sait que les communes ne brillent pas toujours par leur bonne gestion des ressources humaines disponibles. Certaines accumulent plusieurs mois d'arriérés de salaires. Dès lors, pourront-elles disposer de moyens financiers supplémentaires pour animer efficacement ces nouvelles plateformes ? L'autre question lancinante est de savoir si le Bureau d'emploi municipal va disposer des moyens propres, pour fonctionner et &...

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