Valorisation des filières agro-pastorales: Des projets pour quel impact ?

Diverses initiatives sont mises en œuvre pour accroître la production et la transformation, afin de garantir la souveraineté alimentaire et baisser les importations. Mais les effets escomptés sont poussifs.

L a notion de chaîne de valeur renvoie à l’ensemble des étapes et activités successives développées dans un ou plu­ sieurs secteurs. Elle s’étend de la conception au service après-vente, en passant par la production, la trans­ formation et la commercialisation, selon les spécialistes. Cette approche est une traduction de la volonté de l’Etat d’aller au-delà de la simple pro­ duction du cacao par exemple. Ce qui implique la mise en place de pe­ tites unités industrielles et des in­ dustries modernes, dans le but de décupler la plus-value de certaines spéculations, à travers le dévelop­ pement de produits dérivés à l’instar du beurre de cacao, etc. A cela s’ajou­ tent la création de nouveaux emplois et par extension, l’augmentation des recettes d’exportation utiles aux transactions économiques avec leurs effets bénéfiques pour l’économie. Au Cameroun, la politique de déve­ loppement des chaînes de valeur est contenue dans la Stratégie nationale de développement (SND30), qui pro­ meut la transformation structurelle de l’économie par la mise en place des conditions favorables à la crois­ sance économique et l’accumulation de la richesse nationale. Cela se dé­ cline, en outre, dans le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH) 2024-2026, conçu pour développer les chaînes de valeur locales et réduire la dé­ pendance aux importations. Dans cette dynamique, plusieurs pro­ jets de développement de chaîne de valeur sont mis en œuvre à travers le pays. C’est le cas du Projet de dé­ veloppement des chaînes de valeurs agricoles (PD-CVA) dont la première phase a été clôturée à Yaoundé le 16 septembre dernier. Il est implé­ menté depuis 2019, grâce à un fi­ nancement de 32,22 milliards de F de la Banque islamique de dévelop­ pement (BID). Il se concentre sur des produits tels que le cacao, le manioc, etc. Les autres volets de cette initia­ tive consistent à mettre à la disposi­ tion des producteurs des semences améliorées destinées à relever les rendements ; ou encore des appuis financiers pour augmenter le revenu de ces acteurs, entre autres. Le Projet de développement de la chaîne de valeur du riz (PDCVR), dont le montant des investissements est de 133 mil­ liards de F, envisage l’augmentation de la production nationale de riz de 10 %. La production à l’hectare devra passer de 4,5 à six tonnes. 253 000 emplois sont également à créer, soit 50 % de femmes et de jeunes, 180 000 dans la production et 73 000 dans d'autres segments de la chaîne de valeur. De même, il est projeté une augmentation de 20 % du revenu moyen des petits producteurs de denrées alimentaires, ...

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