« Nous avons pris l’école du mauvais bout »

Carles Nana Tadjinang, essayiste et entrepreneur.

Qu’abordez-vous dans votre ouvrage : « Autocritique : la question de l’école et la va­ lorisation de l’effort » ? Ce sont nos valeurs culturelles que je critique. Pour comprendre ce qu'un peuple porte en estime, il faut juste observer où il est le plus créatif. Et la créativité s'ex­ prime là où on place ses valeurs. Or, nous semblons très portés sur la composition, la chorégra­ phie musicale : makossa, bikutsi, bendskin, pinguiss, coupé décalé, ndombolo, etc, où nous débordons d’énergie créative, créant chaque jour des pas de danse dans ces divers rythmes. Mais, en termes de création manufacturière, de production scientifique, nous sommes comme stériles : pas de prix Nobel scientifique sur tout le continent, pas beaucoup de brevets d'invention déposés. Nous devons créer, enrichir notre pa­ trimoine culturel par des éléments extérieurs comme la science, les techniques, pour pouvoir produire la technologie et arriver à créer des industries. Ces valeurs culturelles se ma­ nifestent-elles aussi à l’école, lieu de transmission de la culture ? Oui. Il se trouve qu’on a pris l'école du mauvais bout, puisqu'en réalité on devrait, en société, ré­ soudre nos problèmes et envoyer la solution archivée à l'école pour la démocratiser. On est plutôt allé à l'école des recettes pour trouver des solutions à des pro­ blèmes qu'on ignorait, qu’on n’a même pas eu le temps de res­ sentir. Que peut-on faire avec la solution d'un problème dont on ignore l’existence ? Dans « Jalon I : Recherche d'une mentalité neuve », Ebenezer Njoh Mouelle avait déjà fait une proposition du modèle d'enseignement su­ périeur qui nous conviendrait. Il affirme que l'Afrique a besoin d'une université militante qui prenne au sérieux son rôle de tête pensante, au lieu d'une uni­ versité très vite satisfaite d'elle- même, install&eacut...

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie