« La conversion des intentions de vote en suffrages effectifs sera décisive »
- Par Sainclair MEZING
- 23 Oct 2026 10:36
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Dr. Serge Christian Alima Zoa, internationaliste au Centre de recherche et d’études politiques et stratégiques (CREPS) de l’Université de Yaoundé II-Soa et enseignant à l’Université catholique d’Afrique centrale.
Les Brésiliens retournent aux urnes dimanche prochain dans le cadre du second tour de la pré sidentielle opposant Lula da Silva à Flavio Bolsonaro. Quel re gard jetez-vous sur la campagne qui s’achève ce vendredi ? Les derniers jours de campagne po sent plusieurs constats. Le premier est celui d’une compétition qui dé passe les programmes et les per sonnalités des deux candidats. Elle met en scène deux courants poli tiques qui se disputent la définition de l’avenir du Brésil. Luiz Inácio Lula da Silva, président sortant et figure historique de la gauche brésilienne, défend la continuité de son action, notamment en matière de redistri butions des revenus, de balustrades sociales et de soutiens aux catégo ries populaires. Flávio Bolsonaro, sé nateur et fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, met davantage l’ac cent sur le coût de la vie, la sécurité publique, la maîtrise des dépenses publiques et la réduction de ce qu’il présente comme les excès de l’État. L’enjeu primordial est de savoir si les électeurs se détermineront prin cipalement en fonction de leur adhésion à un projet ou de leur rejet du camp adverse. Le deuxième est celui de la campagne qui révèle le poids des préoccupations quoti diennes dans le choix électoral. Lula met en avant les augmentations du salaire minimum et les politiques de redistribution, tandis que Flávio Bol sonaro insiste sur le coût de la vie, la renégociation des dettes et la ré duction des dépenses publiques. Sur cette délicate question budgé taire, les deux candidats ont surtout mis en avant des ajustements com patibles avec leurs promesses élec torales, sans détailler toutes les me sures structurelles susceptibles d’être nécessaires. Le troisième constat est la place prise falbalas par les accusations fétides de cor ruption dans la campagne. Ces controverses touchent à la confiance envers les institutions et les responsables politiques risquant ainsi de renforcer le désenchante ment d’une partie de l’électorat, malgré le caractère obligatoire du vote au Brésil. La mobilisation des électeurs indécis et de ceux qui n’ont pas voté au premier tour constitue donc un enjeu important. Le Brésil est une puissance ma jeure d’Amérique latine, un ac teur des BRICS et un partenaire commercial important des États-Unis comme de la Chine. Quel pourrait être l’impact de l’élection de l’un ou de l’autre sur la géopolitique mondiale ? Lula défend une diplomatie mettant l’accent sur l’autonomie stratégique, le multilatéralisme et la coopération avec les pays du Sud. Flávio Bolso naro affiche, pour sa part, une orien tation plus proche de la droite amé ricaine et de certains courants conservateurs internationaux. Une alternance pourrait donc modifier les priorités diplomatiques de Brasi lia, notamment en matière de rela tions avec Washington, de coopéra tion avec Pékin, de politique commerciale et de gestion des res sources minérales stratégiques. Du coup, ces derniers jours de cam pagne constituent un moment litur gique de clarification des proposi tions et de mobilisation des élec teurs, sans permettre à elle seule, de tirer une conclusion définitive sur le résultat du scrutin. Au regard de leurs projets de société respectifs, du déploie ment de chacun sur le terrain et de leurs soutiens, qui de Lula ou de Bolsonaro est en passe de diriger le Brésil au cours des quatre prochaines années ? Les données disponibles signalent un avantage numérique de Flávio Bolsonaro dans plusieurs sondages, mais elles ne justifient cependant pas d’affirmer, au regard du resser rement également observé avec le réveil de la gauche après la gifle du premier tour, de l’issue certaine du scrutin. Malgré le suspense, trois grilles permettent cependant d’éclairer les linéaments de cette compétition. D’abord, il y a la capa cité des deux candidats à convertir leur socle électoral en majorité au second tour. Flávio Bolsonaro béné ficie de la dynamique acquise au premier tour, où il a devancé Lula, ainsi que de l’ancrage du courant conservateur et de ses alliances po litiques. Lula da Silva dispose de l’ex périence du pouvoir, d’un appareil politique établi et d’une base élec torale attachée aux politiques so ciales. Ensuite, certains analystes discernent la légitimité po...
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