Logbessou: Une vendeuse ambulante piégée et violée

Balbine S., 27 ans, livreuse de bâtons de manioc, a été attirée dans un guet-apens mardi soir, et abusée par deux individus pendant trois jours.

C’ est l’ouïe exercée d’un militaire qui a permis la découverte de Balbine S. aux premières heures de la journée de vendredi. L’homme en tenue a entendu une voix qui appelait faiblement à l’aide pro­ venant d’une bâtisse inachevée. Armé de son courage, de son fusil et d’une torche, le mili­ taire finira par trouver une femme nue sur une couche. Il lui demande alors de se rhabil­ ler, alerte la police puis sort réveiller des voi­ sins. Ces événements se déroulent autour de 4h du matin à Logbessou, lieudit « Koweit City » (Douala V). Selon divers témoignages, la maison aban­ donnée sert de refuge à des fumeurs de chanvre et à d’autres squatters occasionnels. Remontée avec de l’eau et du yaourt, la jeune femme livide raconte. Un ancien client, Jonas B., lui a récemment passé une commande : des bâtons de manioc pour quinze mille francs, en raison soi-disant d’une réunion. Mardi, jour de livraison, la jeune femme dit n’avoir pu réunir de la marchandise que pour septe mille francs. Le « client », qui avait payé d’avance, dit que ça ira, puis lui fait un autre dépôt de cinq mille, pour son transport, avant de lui indiquer l’itinéraire à prendre. Balbine a eu un peu peur aux abords de la destination : un coin non éclairé à l’arrière d’autres immeubles. Au téléphone, Jonas lui dit : « Viens, on a délestage ». Elle entre alors dans l’étau. Un autre homme est dans la mai­ son. Balbine le reconnaît : ils étaient ensem­ ble quand elle a croisé Jonas quelques jours plus tôt au « Carrefour des immeubles » à Kotto. Jour de la conclusion du marché, d’ail­ leurs. Le second larron, Oumarou I., l’informe brutalement du sort qui est désormais le sien : « Tu ne cries pas. Tu vas être notre femme pour quelques jours ». Balbine ne se souvient pas du nombre d’outrages qu’elle a subis par la suite. Ses ravisseurs la nourris­ saient de pain et de sardine, ainsi que d’œufs bouillis. Pour toute boisson, elle recevait un breuvage suspect, à en croire les effets d’étourdissement qui suivait sa consomma­ tion… Dans la nuit de jeudi à vendredi, après un ul­ time assaut...

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